Pierrette Adams : Je cherche un producteur

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La chanteuse congolaise présente son dernier album et évoque ses quatorze ans de carrière.
Propos recueillis par Ingrid Ngounou, à Paris





Votre album "Coma profond" est sorti il n’y a pas très longtemps. On y retrouve du coupé décalé, de la rumba congolaise, du Mbalax chanté en Wolof et du reggæ. C’est quoi le style Pierette Adams ?
Je n’ai pas de style. J’essaie de satisfaire tout le monde. C’est parce que je ne suis pas une chanteuse à la base. Quand je suis arrivée à la musique, on m’a proposé des styles différents et c’est resté.

" Baby " dans cet album, " Emmène moi" il y’a quelques années, vous faites du bon et beau zouk. Avez-vous déjà pensé à réaliser un album pur zouk ?
Il y’a beaucoup de gens qui me le disent. De plus en plus j’y pense, enfin pas totalement zouk. Mais avec des rythmes des Antilles comme le calypso qui ressemble un peu à du zouk.

Quel est le message que vous avez voulu faire passer dans cet album " Coma profond " ?
Il n’y a pas vraiment de message. Cet album est la suite d’anesthésie. Le message d’anesthésie, c’est le conseil que je donne aux jeunes filles qui s’entichent avec des hommes mariés et à qui on promet le mariage et pleins d’autres choses. Le monsieur est toujours avec sa femme. L’autre, elle perd son temps pendant 10 ans 25 ans et un jour elle se réveille.

Vous dites que cet album n’a pas de message particulier mais quand on écoute le 6e titre, children of paradise, on se dit qu’est-ce-qu’elle voulait dire?
Ce titre rejoint un peu mon premier album journal intime qui parle des enfants. Je dis qu’il n’y a pas de message particulier parce que ça fait partie des choses que j’ai l’habitude de dire. C’est une chanson écrite par Alpha Blondy que je chante avec lui et j’espère que ça plaira.

Quatorze ans de carrière, de scène, de rencontre. Il y’a forcément des anecdotes. Quel est votre pire souvenir en tant qu’artiste?
Déjà pour un artiste, la pire des choses c’est d’arriver dans une salle vide. J’avais joué dans une salle à Man, une ville de la Cote d’ivoire. La salle était bourrée et il y’avait des gens à l’extérieur. C’était une salle ouverte par le haut et les gens qui étaient restés dehors ont piqué une colère et ont commencé à lancer des cailloux par-dessus la salle. On était sur scène, on dansait en esquivant des cailloux, vraiment des gros. On a dû arrêter le concert 15 minutes, le temps que les forces de sécurité rétablissent l’ordre.

Et le meilleur souvenir?
C’est toujours un autre concert. L’un des tous premiers. C’était à Pointe Noire, dans ma ville natale. C’était mon premier album qui avait 6 titres. L’album marchait bien et on m’a dit d’aller faire un concert. Je suis allée, j’ai reçu un accueil incroyable, c’était au stade, il était bourré à craquer et j’ai demandé si c’était moi que ces gens attendaient. Pour moi, un artiste qui remplit un stade c’est un artiste qui a fait du chemin. Mais là, j’étais à mes débuts. J’ai chanté et rechanté les morceaux pour satisfaire le public.

Vos albums, c’est de l’autoproduction?
Je m’auto produis depuis le premier album. Tous mes Dvd, c’est moi qui les produis. Avoir un producteur est très difficile. Ils se méfient parce qu’on ne vend plus beaucoup de disques. Mais je suis ouverte, s’il y’a un producteur qui veut me produire pour le prochain. J’ai besoin de tout le monde.

Comment associez-vous cette vie d’artiste et votre vie familiale?
J’ai eu de la chance, j’ai rencontré mon mari étant hôtesse de l’air, donc quelqu’un qui voyageait tout le temps. Et mes enfants sont nés comme ça. Tout le monde s’est habitué. En tant qu’artiste après, ça n’a pas beaucoup changé. La seule différence c’est qu’en tant qu’hôtesse, tu as un programme et tu dois le respecter mais en tant que chanteuse, tu peux décider de rester avec tes enfants pendant les vacances ou à Noël.

Des souvenirs du Cameroun ?
J’ai fais deux concerts au Cameroun, j’attends des invitations. J’aime le ndolé et surtout les soles braisées. J’en mange partout, mais les soles braisées, c’est spécial au cameroun.
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