Nécrologie: Macky Claude brise sa guitare

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L’artiste, chanteur aux talents incontestables, a rendu l’âme lundi 10 mai 2010 à la Polyclinique Muna à Bonanjo-Douala.

Bonambole, village situé en plein cœur d’Akwa a du mal à se remettre. L’un de ses dignes ambassadeurs dans les milieux du show biz, vient de quitter brutalement la scène. Macky Claude, 52 ans à peine entamés, a été finalement happé par une mort impitoyable après qu’un vilain diabète et une abominable insuffisance cardiaque l’ont malmené durant plusieurs semaines d’alitement à l’annexe de la Polyclinique Muna à Bonanjo. A la concession familiale à Bonambole, sise derrière la pharmacie d’Akwa, c’est la désolation et la consternation sur les visages lundi 10 mai 2010 en début d’après midi. Un de ses frères, Loko Macky est inconsolable. Devant le reporter du Messager désireux d’avoir des éléments d’informations sur le disparu. «Vraiment je préfère que vous revenez demain. Pour l’instant, je ne peux rien vous dire. La douleur est intense, vous comprenez…»a-t-il lâché péniblement. Nlepe Macky, petit frère de la défunte star, parvient à trouver assez de ressources morales pour répondre aux sollicitations de la presse. De sa bouche, l’on apprendra que Macky Claude, dans le civil Minyangadou Macky Francis Claude «souffrait d’une insuffisance cardiaque et de surcroît était diabétique», a-t-il affirmé.
Odette Ngo Libong, la compagne qui est restée au chevet de son jules jusqu’à ce que son dernier souffle se volatilise est dans l’affliction. «Claude était trop gentil. Il a beaucoup souffert sur son lit de malade. Un gros vide vient de se créer dans ma vie», confie-t-elle entre deux larmes. Macky Claude, un des virtuoses du makossa, qui a avalé pour ainsi dire son acte de naissance, était issu d’une fratrie de 9 enfants fruits de l’idylle entre Moukoumboulan Macky Henri et Essiben Ruth. Après l’obtention de son certificat d’études primaires et élémentaires (CEPE à l’école saint Jean Bosco, il s’inscrit à l’école professionnelle bilingue à Muyuka avant de s’envoler pour la Guinée Conakry où il dépose ses valises pour une formation en mécanique. De retour au pays avec son statut de mécanicien diéséliste, la star s’adonne à ce qu’il a toujours fasciné. La musique. Ses fréquentations avec feu Hoïgen Ekwalla, Jacky Doumbé, Ekwe Silo, Biram King et les autres achèvent de le convaincre que le show biz nourrit son homme. Et pan Jacky Doumbé produit le premier 33 tours riche de 6 titres, d’un chanteur à la voix suave et au look de crooner. Nous sommes dans l’antichambre des années 1990. Bino Sontané (Ayo mba), chanson à succès, révèle un as du makossa. Pour cet opus, que de grands noms. Jacky Doumbé et Toguy aux arrangements, Penda Dalle, Toto Guillaume à la guitare, Sissy Dipoko, Grâce Decca et coko Mbassi officient au chœur. Son deuxième album labellisé Bonambole du nom du village qui l’a vu naître, atterrit dans les bacs en 2004, mais faute d’une promotion conséquente, la galette passe carrément inaperçue. Pour Kotto Ferdi Michel dit brillant, un ami d’enfance du défunt, «Claude était un acrobate de renom. C’était un sportif. Il a joué comme footballeur au stade de Bonabéri autour des années 1980 avant de se consacrer à la musique. Je garde de lui, l’image de quelqu’un qui était attachant et respectueux de la valeur humaine. Un bon vivant. Il était sans histoires… ». En tout cas, les fans, mélomanes et autres mordus de la musique ne finiront pas de pleurer un auteur compositeur, guitariste et chanteur de haut vol. Tant les décibels que Macky Claude a goupillés à l’instar de Na menguele ndio ou encore Bino sontane seront toujours vivaces dans les esprits. Ne dit on pas que l’artiste ne meurt jamais ? L’œuvre de Macky Claude, lui survivra ad vitam æternam, comme dit le latin.


Alain NJIPOU

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