Annoncé pour vendredi 27 avril, ce n'est que depuis dimanche que le festival de voix de femmes se tient à Douala.
Marion Obam
Théophile Mbouma Bissa arbore ce mercredi 2 mai 2007 une chemise lin d'une blancheur impeccable, sur laquelle le fer à repasser a laissé des plis irréprochables. Cori Denguemo, du groupe Macase, est dans un démembré couleur treillis qui souligne sa poitrine opulente. Florence Titty Dibeng est là aussi. Les cheveux retenus par une couronne et le visage presque serein. Toujours avec le sourire. On aurait pu dire, à voir ces responsables de l'organisation de la cinquième édition du festival de voix de femmes, le Massao, que tout se passe bien. C'est le calme qui règne au village du festival, logé cette fois à la place du Gouvernement à Bonanjo et non au traditionnel lieu de la Maison du Parti, qui inquiète.
" Il ne faut pas chercher longtemps. Rien ne s'est passé comme nous l'avions prévu sur cet évènement que nous préparons depuis un an et demi. Les sponsors contactés ont d'abord dit que c'était tôt, puis que c'était tard. Finalement, ils n'ont pas réagi. Nous plongeant ainsi dans de réelles difficultés ", explique Théophile Mbouma Bissa. Mais voulant tenir ce rendez-vous que beaucoup ont déjà inscrit dans leur agenda depuis 1997, il ne cache pas qu'il est sur une opération " difficile, mais nous essayons de maintenir la flamme allumée. Le Massao ne doit pas mourir ". C'est pour cela que, malgré le retard enregistré pour la cérémonie d'ouverture prévue le vendredi 27 avril 2007, tout a été mis en œuvre pour effectivement commencer dimanche 29 avril 2007. La soirée était consacrée à musique spirituelle.
Les chorales Habinger de Yaoundé, Tchenga Mpô de Douala et Happy voices de France ont donné un spectacle mémorable. Un régal de vocalises. Un jeu scénique qui a invité le public à la communion. Lundi 30 mai 2007, pour les scènes In, destinées aux artistes confirmés, les canadiennes venues de Vancouver enflamment les spectateurs venus nombreux au village du festival. Les Po'girl offrent un mélange de country, folk et de R'nb. Il y a même une improvisation mémorable et pleine d'émotion entre les Po'girl et la rappeuse camerounaise Lady B. Puis Flora Chilacumbi, métisse angolo-suisse, propose une musique de fusion qui prend naissance sur des airs de Jazz. Les gabonaises Lauréanne Ekondo et Moketu Malonda donnent à voir avec de belles chorégraphies et un chant d'une rare pureté mêlé à des sonorités africaines.
Mais l'un des plus grands regrets des organisateurs, c'est le fait que les scènes révélations consacrées cette année à 30 jeunes filles triées dans les cabarets de Douala et Yaoundé ne soient pas suffisamment vues. " Celles que je vois depuis deux jours sont éblouissantes, avec des performances vocales étonnantes. Dommage qu'il y ait pas plus de monde pour les apprécier ", dit un peu écoeuré, Albert Youmbi, producteur. Malgré cela, il y a de la vie sur le site, la radio du festival qui émet sur Rfi, Real Time Music, Sweet Fm, Fm 105 et Fm 94 relate en temps réel les évènements qui s'y déroulent notamment les débats et les sessions de formation de chant avec la suissesse Magda. La soirée Gabonaise annonce Angèle Assélé, Nadège et Patience Dabany qui recevra avec Myriam Makéba le samedi 5 mai 2007 le Massao d'honneur 2007. Avec un faible espoir : tant qu'il y aura des voix de femmes…