Assainissement du centre ville de Douala

Comments · 409 Views

Accouchement dans la douleur

L’opération d’enlèvement, par la Cud, de toutes les constructions faites sur les trottoirs du quartier Bonanjo suscite de vives réactions chez Messapresse et les diffuseurs de journaux. La Cud et les diffuseurs de journaux sur le pied de guerre.

“ Monsieur le délégué, nous sommes surpris par la brutalité avec laquelle ces actions (enlèvement des kiosques à journaux sur les trottoirs de Bonanjo ndrl) sont menées, ce d’autant plus que la direction de Messapresse nous a rassuré que toutes les questions liées à l’Otvp (Occupation temporaire de la voie publique ndrl) avaient été réglés. D’autres part, vous êtes sans ignorer qu’une ville comme Douala ne peut fonctionner sans presse. Cela fait partie du service public. En même temps que la presse informe, elle contribue à l’éducation des populations… ”. Extrait d’un courrier daté du 30 août 2006 et adressé au délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala. Edouard Etonde Ekotto est en effet interpellé par l’Association des dépositaires et marchands des journaux (Admj), avec ampliation à plusieurs autorités de la capitale économique. Le ton se veut clair : les diffuseurs des journaux dans la ville de Douala n’entendent pas assister indifférents à l’enlèvement des kiosques marqués Messapresse au centre administratif de Bonanjo.
Ils poursuivent : “ Nous vous prions de bien vouloir traiter le cas des kiosques à journaux en tenant compte de leurs spécificités…sinon l’Admj se verrait contraint d’organiser une marche de protestation dans la ville de Douala et venir faire un sit-in à la Communauté urbaine de Douala ”. Ce Samedi 02 septembre risque donc d’être mouvementé à Bonanjo. A l’origine de la crise, la décision de la Cud de procéder à l’enlèvement des dispositifs publicitaires irréguliers et de libérer les emprises du domaine public à Douala. D’après la Cud, l’objectif de cette campagne lancée, – en mai dernier – est de faciliter la circulation des piétons sur les trottoirs de la ville de Douala et d’embellir les décors urbains. Les kiosques de Messapresse (environ 25 dans la ville de Douala) situés pour la plupart à même les trottoirs sont concernés par la mesure. Samedi 19 août, deux kiosques à journaux situés dans les quartiers Bonanjo et Njo-Njo ont été “ enlevés ” par les autorités de la Cud. Et l’opération devrait se poursuivre demain samedi par la “ destruction des kiosques sis à Bonanjo, s’ils ne sont pas reculés de deux mètres par rapport à la voie ”. Si du moins on en croit l’économie d’un courrier adressé par Laurent Pintault, le Dg de Messapresse au président de l’Admj, Guillaume Soppo Tobbo.

Divergence de vues
Claude Javys Doumbe, directeur de Optimum International Cameroun (Oic), une entreprise chargée de réguler l’affichage publicitaire pour le compte de la Cud, ne comprend pas ce “ revirement soudain ” de Messapresse. Il rappelle les termes d’une réunion de conciliation tenue mardi 29 août à Douala entre la Cud, Messapresse et Médiaplus, une entreprise assurant la régie publicitaire de Messapresse. “ Nous avons clairement re-expliqué les objectifs de la campagne actuelle à l’annonceur Messapresse et nous sommes parvenus à un accord : 1- l’enlèvement des kiosques sur leurs emplacements actuels qui gênent non seulement la circulation des piétons mais aussi cause des accidents ; 2- Messapresse et Médiaplus devaient effectuer une descente sur le terrain jeudi (hier) afin de déterminer librement de nouveaux sites d’emplacement des kiosques et nous en fournir un modèle uniformisé ; 3- vendredi (aujourd’hui) Messapresse et la Cud devaient faire le tour des points choisis pour vérifier qu’ils n’entravent pas la voie publique et sont conformes au plan d’embellissement de la ville de Douala ”. Une solution de conciliation en quelque sorte.
Javys Doumbe se dit choqué par l’attitude de Messapresse, pourtant partenaire de la Cud depuis de longues années. Il tient à rappeler que la mesure d’enlèvement des dispositifs publicitaires irréguliers ne concernent pas uniquement Messapresse : “ Ecobank, Marlboro, Bat, la Bicec, Pmuc, Akwa-Piscine, Kenyan-Airways…ont enlevé leurs dispositifs eux-mêmes, pourquoi pas Messapresse ? ” s’emporte-t-il. De plus, les deux prestataires de la communauté expliquent que lors du bouclage en juin dernier de l’état de paiement des redevances publicitaires, Messapresse figurait parmi les entreprises ayant des arriérés.

Appel à la conciliation
A Messapresse, on ne nie pas les termes de la réunion de conciliation. Mais Amadou Nsounfon, responsable presse de Messapresse, s’indigne de l’attitude “ par trop hautaine et dictatoriale ” de la Cud. “ La Cud ne nous a jamais notifié par écrit sa décision d’enlever nos kiosques. Le communiqué publié dans les journaux et que la communauté affirme valoir notification parle du déguerpissement d’occupants anarchiques. Or les kiosques Messapresse ont été régulièrement autorisés par la Cud et implantés avec l’assistance de ses techniciens. Donc, nous ne nous sommes pas sentis visés par ce communiqué ” martèle Amadou Nsounfon. Et de poursuivre : “ nous sommes parfaitement en règle. Nous avons payés nos droits de redevance publicitaire pour l’année 2006. Or la communauté qui nous détruit en août ne dit rien sur les droits restant à courir ”.
Le mandataire de Messapresse se montre néanmoins ouvert au dialogue : “ Nous ne sommes pas contre la décision de la communauté urbaine d’embellir la ville. Mais nous demandons du temps. On ne peut pas du jour au lendemain comme ça remplacer 25 kiosques. Chaque kiosque nous coûte environ 3 millions de Fcfa ; pour les 25 kiosques ça fait 75 millions Fcfa. ”.
Quant au retard dans le paiement de la redevance publicitaire, Amadou Nsounfon évoque les “ plus de vingt ans de partenariat qui lient Messapresse à la Communauté urbaine de Douala ”. Et s’étonne qu’un simple retard de quelques mois semble vouloir remettre en cause une si longue collaboration. La descente sur le terrain de Messapresse et Médiaplus n’a pu s’effectuer mercredi à cause de la pluie. Elle a été reportée à une date ultérieure.
 

Par Yves DJAMBONG
Le 01-09-2006

Comments