Musique : Clarisse Valeri fait trop l'enfant

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La promesse de mélodies dansantes du premier album de la chanteuse n'est pas confirmée dans Wopso Cosmos.
Jean Baptiste Ketchateng

On en sort un peu déçu. Ce deuxième album de Clarisse Valeri, comme un fruit qui ne tient pas toutes les promesses des premières fleurs, s'écoute sans le même enthousiasme qu'avait suscité la "Soucoupe Wopso" un an plus tôt. Et les nouveaux mots d'animation des huit plages (dont deux instrumentales) qui forment Wopso Cosmos ne semblent pas être promis à la même destinée que les rythmes entraînants de "Sangmelima" ou d' "Akopaumaire". Une dégringolade qui ressemble fort à une chute d'enfant rassasié par les bons moments d'avant ce Wopso Cosmos.
Tel ce refrain : " Tout se paye ici bas, tout se paye ici bas " qui ouvre le bal. La voix à la fois parlante et chantante de Clarisse Valeri se mêle à un chœur ordinaire pour partager cette sagesse populaire que certains discutent cependant. A défaut d'être sûr que toutes nos méchancetés seront punies avant que nous ayons passé l'arme à gauche, il faut espérer qu'en gardant la foi, on verra nos bourreaux s'effondrer les uns après les autres. Une foi d'enfant assurément. Aussi simple que ce morceau peut être enjôleur pour des récréations de classe maternelle où l'on s'abandonne au jeu du voisin, en lui confiant son sort sans peur.

C'est qu'elle croit en Dieu, la Clarisse. Et peut-être est-ce pour cela qu'elle se "lève tôt". Pour ce Wopso Cosmos, l'acte II parle encore des choses de la vie quotidienne. La chanteuse qui s'enorgueillit de l'amitié et de l'attention d'Anne Marie Nzié appelle à travailler pour réussir. Mais bougez-vous donc à Yaoundé, puisqu'il n'y a pas de "petits boulots". Travailler c'est réussir, dit elle. On l'avait bien vu dans son premier album qui lui a permis de réaliser, au hasard des rencontres un bœuf sur un plateau camerounais. "Non ô, non ô. Je dis non au sida", clame Clarisse Valeri. Mais là encore la mayonnaise tarde à prendre. Et si on peut se laisser attendrir par les quatrième et huitième morceaux de Wopso Cosmos, c'est qu'ils laissent encore voir le côté naturel de cette chanteuse relativement distinguée par les mélomanes lors de sa première apparition.

Ici comme là elle rend hommage à son mari. Elle l'aime. Comment lui dire qu'on l'aurait aimé aussi comme elle s'était présentée, un peu "folle", délicieusement imprévisible, la mise largement colorée, le bas de bikutsi généreux et chaloupé ?
Mais elle n'est pas à jeter Clarisse Valeri. A l'image de ces " femmes kleenex ". On les utilise, on les trompe, les femmes d'aujourd'hui, et cela ne lui plaît pas. C'est peut-être là qu'elle demeure fidèle à sa carte d'identité musicale : un mélange de simplicité, de lieux communs, mis en musique sans grande recherche, mais qui fait parfois de l'effet. Cette fois, c'est un peu raté. Mais qui sait si en demeurant elle-même, la "Soucoupe Wopso" ne va nous surprendre dans quelques mois ?
Georges Seba, Briscard Kouadio, Queen Eteme, Manuel Wandji et Mbida Douglass, ces noms qu'elle cite dans son entourage et ses fréquentations professionnels sauront l'y aider. A moins, qu'elle ne soit victime de la jalousie et de la haine, qu'elle chante à longueur d'album.
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