Diplomates pour la plupart d’entre eux, ils ont été désignés par le chef de l’Etat vendredi dernier.
Jean Francis Belibi
Une quinzaine de nouveaux ambassadeurs nommés depuis le début de l’année par le président de la République à l’étranger, dont plus d’une dizaine pour la seule semaine dernière. C’est ce à quoi est parvenu le chef de l’Etat pour essayer de doter les missions diplomatiques de notre pays qui n’en étaient jusque-là pas pourvues, et procéder au remplacement de certains diplomates qui étaient restés très longtemps en poste. Ainsi, sept décrets ont été signés vendredi dernier. A la lecture de ceux-ci, la première observation qui peut être faite, et comme nous le relevions déjà dans notre édition de mercredi dernier, c’est le retour à une certaine orthodoxie, avec un accent de plus en plus mis sur la nomination à ces très hautes fonctions de diplomates formées au Cameroun et ailleurs. Ce qui a toujours été l’une des revendications fondamentales des diplomates formés et qui se voyaient toujours ravir la vedette par des personnes venues d’autres corps sociaux et dont la désignation au poste d’ambassadeur n’obéissait qu’à des raisons politiques.
Au rang de ces diplomates désignés, on peut citer Henri Léonard Bindzi, ministre plénipotentiaire, jusqu’à vendredi dernier premier conseiller à la mission permanente du Cameroun aux Nations Unies à New York, il prend les rênes de l’ambassade du Cameroun en Suisse. Un autre qui va quitter la mission permanente aux Nations Unies, c’est Iya Tidjani, le représentant permanent adjoint qui est nommé ambassadeur du Cameroun en Arabie Saoudite, où il va remplacer l’un des plus anciens au poste, Mohamadou Labarang. Après près d’une vingtaine d’années à Ryad, l’ancien ministre et ancien secrétaire général adjoint de la présidence de la République va prendre la route du Caire, en Egypte.
La fin des doyens
Autre diplomate mis en mouvement, il s’agit de Lejeune Mbella Mbella. Le déjà ambassadeur du Cameroun en France et auprès de l’Unesco, va ajouter une nouvelle ligne à sa carte de visite avec le poste d’ambassadeur du Cameroun au Portugal avec résidence à Paris. Pour sa part, après moins d’un mois d’éclipse, celui qui jusqu’en janvier dernier était en poste à Libreville au Gabon retrouve du travail à Dakar. Jean Koe Ntonga, dont de nombreux observateurs avaient apprécié la redynamisation des relations entre les deux voisins et qui s’était attelé à ramener plus de discipline au sein de la nombreuse communauté camerounaise au Gabon, est appelé à remplacer l’Inspecteur principal du travail Emmanuel Mbonjo Ejangue, ambassadeur au Sénégal, et comme la plupart des Camerounais occupant ces fonctions à l’étranger, doyen du corps diplomatique à Dakar. La désignation de Koe Ntonga à Dakar intervient quelques mois après la nomination dans notre pays de Mme Fatou Sarr N’diaye Ba à la tête de la mission diplomatique sénégalaise, après 14 années de fermeture.
Un autre doyen du corps diplomatique appelé à faire ses valises, c’est Jean Melaga, ambassadeur du Cameroun en Allemagne. Il y est remplacé par Jean Marc Mpaye, ministre plénipotentiaire, dont on imagine bien que l’une des premières missions sera le transfert de l’ambassade de Bonn vers Berlin, le Cameroun restant dans ce cadre l’un des rares pays à avoir maintenu sa mission diplomatique dans l’ancienne capitale fédérale.
Un autre nouvel ambassadeur dont la mission ne s’annonce pas du tout aisée, c’est Bah Oumarou Sanda. Secrétaire général adjoint de l’Assemblée nationale jusqu’au 22 février dernier, il est appelé à représenter le Cameroun dans le chaudron tchadien. Outre l’instabilité qui règne dans ce pays voisin du Cameroun, il aura à gérer le dossier des étudiants camerounais qui traversent régulièrement la frontière pour aller passer le bac au Tchad.
On note à travers les décrets signés depuis le début de l’année, une volonté manifeste de pourvoir aux postes d’ambassadeurs, et surtout de procéder au remplacement de ceux des chefs de missions qui étaient restés trop longtemps à leurs postes. Mais il reste que certaines des ambassades camerounaises à l’étranger sont toujours en attente de titulaires. C’est le cas de la Belgique, de l’Espagne, de la République démocratique du Congo, ou encore de la République centrafricaine.