A-t-on assassiné Ebenizer Folefack ?

Comments · 317 Views



La famille rejette l’hypothèse du suicide, l’avocat parle de violences sur le défunt et la police dément ces propos.
Patricia Ngo Ngouem (Stagiaire)

La police belge a rejeté les accusations selon lesquelles Ebenizer Folefack s’est suicidé. En effet, apprend-on de diverses sources, une autopsie effectuée sur le corps du défunt a conclu que ce dernier ne présentait "aucune trace de violence". Ajoutant même que le défunt a laissé "une lettre d’adieu" dans laquelle il énonce son intention de se donner la mort. D’après le site internet des Camerounais de Belgique camer.be, "une source bien renseignée et proche du dossier" aurait déclaré que les constats du médecin légiste corroborent ceux de la police. Le site indique par ailleurs qu’une autre source révèle sous anonymat que le défunt avait également écrit ce message deux fois sur ses bras.
Le site de la radio Rtl rtlinfo.be annonçait le 1er mai dernier, la mort par pendaison de Ebenizer Folefack Sontsa, un Camerounais arrivé en Belgique en 2005. D’après ce site, le défunt, placé en cellule d’isolement, se serait suicidé dans les toilettes du centre de détention pour clandestins de Merksplas, à l’aide de draps qu’il aurait accrochés aux barreaux d’une des fenêtres. Pour son avocat, Me Alexis Deswaef, Ebenizer Folefack Sontsa, avait préféré se suicider plutôt que d’être rapatrié dans son pays d’origine, après une première tentative d’expulsion par les autorités belges.

Au cours de cette tentative d’expulsion, dans un avion de Brussels Airlines, un passager, Ngajui Fosso, qui devait rentrer à Douala a entendu les cris du Camerounais qu’on allait expulser. Il a alors expliqué à l’hôtesse qu’il ne " pouvait pas voyager dans ces conditions ". D’autres passagers auraient eux aussi protesté. Quelques minutes plus tard, M. Fosso et deux autres passagers ont été emmenés par des policiers et conduits dans une cellule de l’aéroport. M. Fosso n’a été libéré qu’une dizaine d’heures plus tard. Il est interdit de vol par la compagnie aérienne pendant six mois.
Bien que cette première tentative ait avortée, l’avocat du défunt avait affirmé que son client avait été violenté par les policiers chargés de le rapatrier. Me Alexis Deswaef affirmait alors que "des traces de violences étaient apparentes sur le cou et les jambes" de son client. D’après le site Internet camer.be, plusieurs proches de la victime, notamment ceux qui se sont rendus au centre de rétention le 28 avril dernier, au lendemain de sa mort, soutiennent que le corps du défunt présentait effectivement des traces de violences.

De même que Eric Nguemaleu, président du Collectif Folefack qui a fait part de ses sentiments sur ce sujet sur ce même site.
Malgré toutes ces déclarations, l’avocat du défunt reste ferme sur sa position : son client présentait des traces de violences lors de sa tentative de rapatriement. Au Cameroun, la famille de Ebenizer Folefack Sontza rejette en bloc l’hypothèse même d’un quelconque suicide. Selon un témoignage d’un des frères de la victime diffusé sur la chaîne de télévision privée émettant à Douala Canal2 International, le défunt ne s’est en aucun cas donné la mort. Laissant entendre par la suite qu’il s’agirait plutôt d’un "assassinat".
Ebenizer Folefack. avait introduit une demande d’asile qui avait été refusée par les autorités belges. Et selon son avocat, il aurait pu être régularisé sur base du critère de l’ancrage durable ou d’un contrat de travail. Pour l’avocat qui émet des doutes sur les constats faits par la police, une enquête extérieure s’impose pour faire toute la lumière sur les circonstances exactes du décès.
Comments