Marafa entendu par la police

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Dossier Albatros

Le ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale et de la décentralisation a reçu la visite des enquêteurs de la police judiciaire.

Les auditions relatives au « dossier Albatros » se poursuivent. Des sources bien introduites affirment que le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd), Marafa Hamidou Yaya, a été auditionné. Lorsque les transactions pour l’acquisition d’un nouvel avion présidentiel avaient été initiées pour la première fois en 2001, l’actuel Minatd occupait les fonctions de ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République. C’est lui qui avait donc mené sur haute instruction du président de la République les pourparlers. Celles-ci avaient non pas portées sur l’acquisition du fameux avion baptisé « Albatros » mais sur les négociations avec Boeing, pour l’achat d’un premier avion. Malgré le fait que ces négociations eurent presque abouti, l’avion présidentiel commandé et dont une importante somme d’argent avait été débloquée pour, n’était jamais revenu à l’Etat du Cameroun.
Dans l’entourage de Marafa Hamidou Yaya, pour l’instant, on ne confirme pas l’audition de ce dernier par les enquêteurs de la direction de la police judiciaire. « Ce qui est évident, c’est que le ministre d’Etat a à plusieurs reprises exprimé le besoin de se faire entendre. Cela pour dissiper tous les malentendus. Surtout que son nom a été à plusieurs reprises cité par les médias dans cette affaire », indique un député très proche du Minatd.
Nos sources indiquent ainsi que le Minatd a reçu les enquêteurs de la direction de la police judiciaire mercredi 16 juillet 2008 en après midi, dans son cabinet. L’audition aurait duré au moins trois heures. L’information judiciaire étant secrète, il est difficile de savoir avec exactitude le menu de l’entretien que Marafa Hamidou Yaya a eu avec les éléments de la police judiciaire. Toutefois, on sait que l’ex secrétaire général de présidence de la République souhaitait vivement expliquer aux enquêteurs les conditions dans lesquelles il avait conduit les négociations pour l’acquisition d’un avion présidentiel en 2001. Mais davantage comprendre, ou alors scruter les processus qui avaient inspiré son successeur au poste de secrétaire général de la présidence de la République, Jean Marie Atangana Mebara, à annuler la commande qu’il avait initiée. Pour la remplacer par l’Albatros.
Parmi les autres personnalités qui auraient également été entendues dans le cadre de cette affaire, des sources bien introduites avancent aussi le nom de Edgar Alain Mebe Ngo’o. Il se dit que le délégué général à la Sûreté nationale (Dgsn) qui, en 2001, était le directeur du cabinet civil du président de la République, aurait reçu la visite des enquêteurs de la direction de la police judiciaire. Même s’il y a des doutes sur un tel processus – Mebe Ngo’o étant le patron de la police, on voit mal comment les flics de la Dpj demanderaient à l’entendre – ce que des observateurs avertis signalent c’est que l’actuel Dgsn aurait effectivement joué un rôle important dans l’acquisition du premier avion présidentiel qui n’est jamais arrivé au Cameroun. A son avantage, comme à celui de Marafa Hamidou Yaya, les enquêteurs souhaiteraient se faire une idée sur les rôles que chacun d’eux a effectivement joué.
 

Par Jean François CHANNON
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