Sandra Nkake

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«Faire vendre». Sandra Nkake, qui enregistre actuellement son premier album, avoue encore avoir du mal à chanter en français : «Pour moi, c'est la langue de l'intime et, pour l'instant, je ne sais m'exprimer dans cette langue que dans la douleur. Je ne peux pas aller sur scène en étant dans le déchirement. L'anglais est la première langue avec laquelle j'ai chanté, et elle est synonyme pour moi de plaisir. Mais j'arriverai un jour à exploiter cette douleur, il faut juste délier les noeuds.»

Sur scène, cette diva d'origine camerounaise et bretonne ­ «Finistère sud», précise-t-elle ­, mêle ses deux passions : le théâtre et le chant. «Je n'y suis pas encore complètement parvenue, mais, grâce au théâtre, j'ai pu me sentir bien sûr scène. Chanter, ce n'est pas juste avoir des cordes vocales et produire des notes, il faut aussi que les gens sentent que tu es bien dans ton univers. Il faut apprendre à jouer son propre rôle, se créer des petites bulles où montrer les facettes de sa personnalité.» Aucune major n'a encore signé ces artistes. Sandra Nkake, 32 ans, qui a vu les carrières de ses confrères stagner en pleine ascension, a son explication : «L'industrie du disque est devenue vraiment une industrie. La soul n'y a pas vraiment sa place, car, contrairement au r'n'b, elle n'est pas formatée sur des sons ou sur une image, c'est plutôt un ensemble de personnalités. Quand nous voulons sortir nos albums avec des maisons de disques classiques, on se retrouve en face de personne qui nous rétorquent : "Oui, mais ça ne fait pas vendre " Alors, en attendant de créer nos propres structures, on remplit des salles, on participe aux projets des uns et des autres, on monte des plateaux multiartistes.» Il va donc falloir encore un peu de temps, de tremplins et de live avant qu'une scène soul à la française puisse trouve son identité, à l'instar de l'Angleterre qui vient de sacrer la chanteuse Amy Winehouse aux British Awards.

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