Evocation : Si l’histoire des douanes camerounaises m’était contée

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Malgré les problèmes documentaires, l’inspecteur principal des douanes David Tsuanyo raconte le premier centenaire de cette administration.
Lazare Kolyang





On ne sait pas pourquoi l’auteur, David Tsuanyo, s’est limité à l’histoire de la douane camerounaise de la période qui va de 1860 à 1960, délaissant de ce fait la période post coloniale, c’est-à-dire celle de la douane moderne. C’est Jean Kuate, vice Premier ministre, ministre de l’Agriculture et du Développement rural, qui fait ce constat dans la préface de livre d’histoire de 316 pages sorti des éditions Saagrah depuis décembre 2006. " Qu’à cela ne tienne, l’ouvrage que l’inspecteur principal des douanes David Tsuanyo livre au public présente à plusieurs titres un intérêt réel. D’abord, il montre parfaitement que loin d’être le produit d’une génération spontanée, le système douanier que lègue la France à la jeune administration camerounaise au lendemain de l’indépendance est le résultat d’une longue, harassante et patiente construction ", écrit Jean Kuate.

Mais l’auteur justifie le choix du récit du premier centenaire de la douane camerounaise par une volonté d’écrire l’histoire. David Tsuanyo affirme que : "l’ouvrage est un appel à la recherche du passé, un voyage au coeur de l’administration, une administration qui persiste à transfigurer complètement sa société en lui imposant des idées, des produits et des méthodes étrangères ". Antoine Manga Massina, ancien directeur général des Douanes camerounaises et actuel Directeur des questions tarifaires à l’Organisation mondiale des douanes (Omd) soutient ce point de vue dans la post face. Pour lui, " en projetant des réformes douanières dans le futur, il était nécessaire de regarder dans le passé le chemin parcouru pour adopter de nouveaux programmes à l’évolution du commerce et de l’économie mondiale ".

Histoire
Il est donc clair, c’est un livre d’histoire que propose l’auteur au grand public. Même s’il est plus indiqué pour les chercheurs, étudiants et fonctionnaires des institutions financières des Etats. Subdivisé en trois parties et neuf chapitres avec dix sept textes annexes et soixante quinze tableaux, " L’Institution douanière au Cameroun 1860-1960 " est une donnée à comprendre l’histoire de cette administration en vue de proposer des solutions aux divers problèmes de l’heure et d’améliorer les procédures. L’auteur décrit et analyse de manière chronologique, l’évolution de l’administration des douanes depuis sa création par les colons allemands jusqu’à l’événement de l’indépendance des territoires du Cameroun français. Il donne des détails qui méritent d’être retenus dans l’histoire.

" En 1954, les bureaux secondaires à l’exception de Kourgui/Mora dans le Nord, étaient tous gérés par les fonctionnaires indigènes tandis que les emplois de chefs secteurs et de vérificateurs étaient réservés aux inspecteurs métropolitains. Parmi les premiers Camerounais qui prennent le podium en 1957, nous citerons les inspecteurs contractuels Victor Kanga et Eitel Momo ainsi que les contrôleurs de première classe Daniel Massuké, Michel Epée, Séraphin Araba Zinzou et Ebénezer Akwalla Mouyemé ", raconte l’auteur. Loin donc d’être une construction théorique ou une analyse critique du mécanisme douanier camerounais de l’époque, l’ouvrage revêt plutôt un caractère descriptif.
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