Spectacle : Alima confirme

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Le spectacle de vendredi a permis de découvrir une jeune chanteuse prête pour une carrière professionnelle.
Marion Obam





Elle a le feeling vocal d’une Sally Nyolo, le timbre et l’énergie sur scène d’une Annie Flore Batchielelys. Mais au-delà de ces points de ressemblance, Alima avec sa voix de velours qui libère des sons blues et jazzie très réussis, propose un style rafraîchissant empreint de ses traits de caractère : sensible et forte. Déjà la scénographie vendredi 28 mars 2008 au Centre culturel Français Blaise Cendrars de Douala où la jeune femme a donné un spectacle avait des tons chauds. Du pourpre pour le tabouret, le marron et le banc cassé pour les pieds de micros qui pour la circonstance étaient habillés. Accompagnée de cinq musiciens, Christian Ndengué à la batterie, François Tonyé et Aimé Mama aux guitares, Willy aux percussions et Yannick Nanga au piano, Alima a commencé le spectacle par un A Cappella.

Dès les premières notes, la salle de spectacle du Ccf de Douala bouillonne. " où était cette fille ?" s’interroge un spectateur dans la pénombre. Sentant le public à sa merci, la jeune fille qui a accompagné Koppo, Krotal, Manuel Wandji, Ak’sang grave et bien d’autres artistes confirmés, a déroulé son riche répertoire de 12 titres. Album dont l’oscillation des rythmes a entraîné les spectateurs dans un univers de découvertes fascinants. Chantant en Ewondo, dans la fusion de l’artiste on retrouvait du Fela, du Pierre Akendengué, du reggæ, salsa, des rythmes locaux comme le bikusti et traditionnel avec de l’Esani. Mais aussi de l’émotion.
Dans le titre Awu, où Alima parle du rapport qu’on a à la vie, aux morts et au vide que ceux qui partent laisse, les projecteurs faisaient briller ses yeux embuées de larmes. Malgré cela, sa voie n’a pas tremblé. Au contraire ses montées avaient une étonnante justesse. L’impressionnant percussionniste de Abiali Percussion a fortement contribué à la réussite de ce spectacle avec un jeu et une maîtrise de plusieurs instruments qui relevaient le goût de cette sauce servie par Alima. L’artiste est engagée, elle fustige subtilement avec sourire la spoliation de l’Afrique, les violences faites aux femmes, la perte de l’identité africaine dans le contact avec l’extérieur, mais aussi l’immigration.

Cependant, si l’une des plus belles voie féminines camerounaises de l’heure a confirmé tout le bien que l’on pense d’elle pendant ses 1h15 de spectacle, elle a pêché sur certains aspects. Il a fallu attendre le neuvième titre Ko ko ko (Yane Minbé) pour voir une réelle interaction avec le public. C’est aussi vers la fin du spectacle qu’Alima s’est déchaînée pour montrer ses talents de danseuse qui sont au-dessus de certaines professionnelles. Il y’a eu aussi une gestion immature de l’alternance des rythmes. Elle a aligné quatre musiques du même registre en début de spectacle, installant certains spectateurs pendant un moment dans l’ennui. Tout comme son placement sur scène. Des détails qui n’ont pas heureusement déteint sur le spectacle. Mais une performance artistique qui a laissé entrevoir des éléments très promoteurs pour l’avenir. Peut-être dans l’album très attendu qui est encore en préparation.
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