Le directeur de la communication d'Orange pense que le sponsor est victime de la passion des fans pour Diam's.
Propos recueillis par Patricia Ngo Ngouem (Stagiaire)
De nombreux incidents ont émaillé le spectacle du 26 avril dernier, malgré les assurances qui avaient été données tant au niveau de l'organisation que de la sécurité. Qu'est-ce qui n'a pas marché ? Nous avons été victimes de notre côté cœur qui voulait qu'on offre gratuitement aux Camerounais, une belle affiche. Victimes aussi que la passion de Diam's l'ait emporté sur les estimations que nous avions faites. Nous attendions 20.000 personnes sur le site et nous avions exigé de l'organisateur qu'il mette en place une organisation qui puisse couvrir 30.000 personnes. Lorsque nous avons ouvert les portes vers 17h45, nous avons eu une ruée vers la scène. On ne s'attendait pas que l'esplanade soit couverte de monde aussi rapidement.
Au-delà de cette "gratuité ", il fallait pourtant montrer patte blanche pour avoir accès à l'esplanade de l'hôtel de ville ?Nous sommes partis d'un concept de gratuité. Après, nous avons estimé qu'il était injuste de ne pas reconnaître que ce concert, nous le devions à un certain nombre de personnes : les clients Orange. Si vous êtes un client Orange Forfait Joker, vous bénéficiez automatiquement du "pass"; si vous voulez accéder à cette qualité, c'est une opportunité mais qui vous offre en bonus une entrée. On avait prévu ces "pass" pour canaliser le flux de personnes.
Ce qui n'a pas été le cas…C'est pourquoi je vous parle de la passion pour Diam's. Quand on a une telle envie, on ne résiste pas même aux forces de l'ordre. De 20.000, vous vous retrouvez à 60.000, 70.000 personnes selon le Délégué du gouvernement. Les critiques vous parlent de 100.000 personnes. C'est vrai que nous étions en deçà des prévisions. Nous devons humainement avouer que nous avons été débordés. Si nous avions eu 20.000 personnes, les choses se seraient passées à la perfection. Je crois qu'on devrait pouvoir dire bravo à Orange d'avoir tenu la promesse de faire venir Diam's, d'avoir quand même tout mis en place pour que ce concert puisse se tenir dans de meilleures conditions, même si on n'et pas allé au bout de la manifestation.
A cause des couacs observés au niveau de l'organisation ?Comme je l'ai dit, nous avons été tout simplement victimes de la passion pour Diam's. Je ne peux pas dire autrement ce qui s'est passé. Quand je parle de débordements, le terme est pesé dans la mesure où cette masse de personnes a pu entraîner la déconnexion des câbles qui devaient alimenter les écrans géants et les appareils de sonorisation. Devant un ouragan comme celui-ci, il n'y avait pratiquement rien qui résistait. C'est pour cela que je dis et je redis qu'aujourd'hui, nous devons avoir le sourire de nous rendre compte qu'il y a eu beaucoup plus de peur.
Il y a eu des évanouissements et on parle de blessés et même de morts. Qu'en est-il ?Chaque fois qu'il y a mouvements de foule partout dans le monde, vous avez des bousculades, de l'hystérie, des évanouissements. Cela arrive partout et on ne l'a jamais souhaité. Dès que nous nous sommes rendus compte que ça craignait, on a décidé, sans faire d'annonce, d'arrêter le spectacle pour préserver des vies humaines. Ce n'est pas une question de responsabilité, c'est une question d'humanité.
Le dispositif sanitaire avait prévu des pompiers et le Samu pour pouvoir procéder aux premiers soins des personnes blessées ou qui ont perdu connaissance et l'évacuation vers des centres appropriés, notamment les services d'urgence de l'hôpital général. Beaucoup de réanimations ont été faites sur place et il y a eu une dizaine de personnes qui ont été transportées à l'hôpital parce qu'on n'a pas pu les réanimer sur place. A l'hôpital général où je me suis rendu ce matin [hier dimanche], le bilan est formel. Aucun cas de mort. On ne m'a même pas dit qu'on a soigné des blessés. Peut-être que quelqu'un a pu avoir une écorchure par les bousculades sans qu'il ne se soit signalé pour qu'il y ait une intervention.