Douala rappe avec Booba

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L’engagement du rappeur des Hauts-de-Seine transpire dans ses productions.


Booba, chanteur émérite français et star planétaire du rap débarque dans la capitale économique du Cameroun ce jour, 28 avril 2008, pour un concert géant programmé pour mercredi 30 avril 2008 à la maison du parti à Bonanjo. Pour la première fois, la coqueluche du hip hop pose ses valises à Douala avec, dès demain, des visites à caractère humanitaire à l’hôpital Laquintinie. Elie Yaffa est le nom que la star porte dans le civil, alors que dans l’univers du Rapp, il arbore fièrement le label Booba, lequel est en passe de devenir une institution.
Rappeur français issu d'un père sénégalais et d'une mère française, Booba voit le jour le 9 décembre 1976 à Boulogne-Billancourt dans le département des Hauts-de-Seine. Dès lors, son enfance est vite influencée par la scène hip hop afro-américaine des années 80 et début 90. Piqué par le virus du Rapp, il monte, avec son compère Ali, le groupe « Lunatic » avec lequel les deux participent à diverses compilations et autres mixtapes. C’est un baptême de feu qui débouche sur une expression artistique qui consacre le talent de l’artiste et souligne la profondeur de son inspiration.
En 2000, le duo édite leur seul et unique album intitulé « Mauvais Œil » sous le label « 45 Scientific ». L'opus fait mouche et sera bien vite perçu comme un classique du genre. Seule fausse note, le tandem vole en éclat en 2002 pour des raisons inconnues du public, alors que Booba signe son premier album solo intitulé « Temps Mort ». Au bout du rouleau, quelques 250 mille exemplaires arrachés comme des petits pains. Le passage du titre « Destinée » (avec Kayna Samet) en radio, et notamment sur Skyrock, permet à Booba de se faire connaître d'un public plus large.
Booba claque la porte de 45 Scientific pour créer son propre label, Tallac Record. Un album solo intitulé « Panthéon », double disque d’or depuis, avec des titres comme « N°10 », « Avant de partir… », « Mon son », est dans les bacs en 2004. Année au cours de laquelle il met en lumière une marque de vêtements afin de soutenir certains amis de son quartier. Nommée Unkut, cette marque est un mixage entre la culture américaine du Fat et un style européen plus sobre et élégant. Quelques mois plus tard, 153 députés et 49 sénateurs demandent au ministère de la Justice française d'envisager des poursuites à l'encontre de plusieurs groupes de rap, dont Lunatic, pour incitation au racisme anti-blanc et à la haine de la France.
C’est dans ce sillage que le troisième album solo intitulé Ouest Side, sort en 2006. Le premier single qui en est extrait est « Garde la pêche », puis paraît « Boulbi ». La première semaine, Ouest Side est au top du classement des meilleurs ventes d'album et est désormais double disques de platine. De nos jours, Ouest Side fait figure de classique du rap français. 2006 est l'année de Booba. La star occupe la vitrine des médias (magazines, télévisions, radios etc...). La vedettisation est en marche. Booba comptabilise avec ses trois albums solo plus de 850 mille albums vendus en France.
L’engagement du rappeur des Hauts-de-Seine transpire dans ses productions. Sa vision sur certains problèmes tels que la police dans les banlieues ou l'élection présidentielle, la dénonciation du racisme et sa préférence pour un communautarisme, qui selon l’artiste, est «la meilleure protection contre la xénophobie» apparaissent comme son leitmotiv.
 

Par Alain NJIPOU (Stagiaire)
Le Messager
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