Kenjo Jumbam : Un génie méconnu

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Enseignant de profession, Kenjo Jumbam est considéré comme étant l’un des plus importants écrivains camerounais anglophones, aux côtés de Mbella Sonne Dipoko.


Pour suppléer au manque d’ouvrages scolaires, il écrit, pour ses élèves, un conte qualifié de plaisir pour tout âge, par des critiques.


 

Jumbam a effectué ses études supérieures à l’université de Leeds, en Angleterre, université qui a aussi formé le prix Nobel Wole Soyinka et l’auteur kényan Ngugi wa Thiong’o, entre autres. C’est durant la période de ses études qu’il envoya son premier manuscrit, une histoire d’amour, à Heinemann, qui était alors l’éditeur le plus prestigieux d’œuvres écrites en anglais par des Africains. Le roman de Jumbam fut refusé, mais il n’arrêta pas d’écrire.
En 1975, Heinemann accepta finalement son « Lukong and the Leopard eith The White Man of Cattle », un livre pour jeunes lecteurs, qui sera publié en 1975. Le critique Steve Arnold décrit son volume comme étant « une paire de contes racontés de belle manière… destinée à des étudiants du secondaire, mais un plaisir pour tout âge ». Jumbam écrivit ces longues nouvelles quand il était professeur d’anglais à Bafia. Ses étudiants étant francophones, et le livre au programme n’étant pas disponible, il écrivit l’histoire de Lukong et du Léopard pour ses propres élèves. En 1980, le roman « The White Man of God », l’œuvre la plus célébrée de Jumbam, fut acceptée par la African Writers Series. « The White Man of God » raconte l’adolescence de Tansa, sa rencontre avec le christianisme et surtout avec le concept d’un paternel Dieu d’amour qui, tout de même, envoie ses enfants en enfer. A la sortie du livre, Arnold écrivit ceci : « Jumbam est un écrivain de stature internationale et sera certainement largement connu d’ici peu ».
Malheureusement, Heinemann qui lança la carrière littérature d’auteurs comme Achebe, Ngugi et de nombreux autres auteurs prestigieux d’expression anglaise limita ses activités à la fin des années 1980. Ajouté aux difficultés de publication au Cameroun, particulièrement pour les auteurs anglophones, Jumbam se retrouva avec de nombreux manuscrits non publiés. Il mourut en 2005, sans avoir jamais atteint la promesse de son génie, ni la reconnaissance internationale que son talent méritait.


Dibussi Tande et Joyce Ashuntantang
 (Correspondance particulière, traduit de l’anglais par Patrice Nganang)
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