Musique: Captivant Armand Biyag

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Le jeune chanteur a déployé son premier concert vendredi dernier à Yaoundé.

Après 40 minutes d’attente, certains auraient perdu patience. Mais ceux qui, ce vendredi soir, ont retrouvé la salle de spectacle de l’institut français de Yaoundé, savent à quoi s’attendre. Beaucoup ici ont déjà vu Armand Biyag sur scène. Ils ont donc tous attendu que vienne le premier «bonsoir» de l’imprésario. Mais ce n’est pas vraiment la présentatrice que le public souhaite voir. Durant 5 minutes de mots d’introduction, il y avait encore de quoi piaffer d’impatience. Puis s’éteignent les lumières. Seul le podium reste illuminé. Et de suite, les premières notes se font entendre. L’entame sera un a cappella (chanson exécuté sans instruments de musique autre que la voix). Armand Biyag rend grâce à Dieu dans une ballade qui laisse redécouvrir la fluidité de son timbre vocal.On enchaîne avec un air de bikutsi. Cette fois, place aux instruments. Ceux de chez nous. De mère Africa. Jembé, batterie, flûte, garaya entrent dans la danse pour des envolées de bikutsi, mbalax, assiko entre autres rythmes de la forêt et du sahel. Pour cet «africa jam», l’orchestre de Richard Eboa (dit Jabar) se passe de guitare. Elle viendra plus tard, la guitare. Bien après l’instant du «piano bar». Un moment durant lequel Armand Biyag revisite ses années de cabaret. Seulement armé de sa voix et son clavier, le jeune soliste partage avec les nostalgiques, un morceau choisi de mélodies éternelles. Celles de Richard Bona, Manu Dibango, Celine Dion, Garou, Lokua Kanza, X-Maleya, Blick Bassy, entre autres grandes voix de la musique internationale et nationale.Pour le titre «Soma Loba» de Manu Dibango, Armand Biyag fait sonner le balafon. Un instrument qu’il manie aussi aisément que sa voix tutoie les tons graves et aigus. «Ca va ?» demande l’artiste à son public. Une question qui lui vaut un tonnerre d’applaudissements d’une salle à moitié remplie. En effet, pour ce vendredi, ils n’étaient pas très nombreux, ceux qui ont effectué le déplacement pour le centre ville de Yaoundé. Mais les présents n’ont sûrement pas regretté d’avoir déboursé 5000 francs Cfa (le billet donnait droit à un t-shirt et au premier album d’Armand Biyag intitulé Mut binam. ndlr) pour le billet d’entrée.En une heure et demi de show, le public ne boude pas son plaisir. D’autant plus qu’Armand Biyag et ses musiciens sont en accord parfait. La mise en scène de ce spectacle a tué le temps. Beaucoup ne l’ont pas vu passer. Lorsqu’à 22h20, la batterie d’Haoussa Drums livre ses dernières notes, le public en redemande. Les insatiables n’auront qu’à prolonger ce moment en écoutant l’album intégral. Lequel ne rend pas entièrement justice au talent vocal et musical d’Armand Biyag. La version live (en direct) reste au-dessus de la gamme. Mais ceci est le secret de ceux qui ont vu Armand Biyag se produire le 31 décembre 2011 au palais des congrès de Yaoundé ou sur le podium de l’émission «Soirée spéciale» sur la Crtv. Les mélomanes de Douala n’ont plus qu’à tendre l’oreille. Il arrive.



Monique Ngo Mayag

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