Les habitants de Libreville, la capitale gabonaise viennent de vivre un week-end pour le moins coloré et agité par de nombreux concerts au programme. Une aubaine pour les mélomanes, férus de spectacles en live, de vivre des émotions fortes. Ainsi, tous les goûts étaient dans la nature : Patience Dabany et une belle brochette d’artistes gabonais, Lady Ponce et deux artistes Ouest africains, ainsi que le comédien ivoirien Gohou Michel au menu d’une affiche concoctée pour exorciser, le temps d’un week-end, le cafard qui turlupine les esprits.
A «Gabon Expo», le temple de la culture dans la capitale gabonaise, la deuxième affiche initiée par une multinationale de transfert d’argent avait un caractère communautaire évident et a drainé du beau monde venu voir celle qui a chanté «Et ça ! Et ça là» pour reprendre une expression des Gabonais désignant Lady Ponce. En lever de rideau de ce spectacle inédit, le public découvre deux artistes féminins au talent confirmé.
D’abord, la plantureuse togolaise, Vanessa Worou révélée au grand public en 2007 par une chanson en hommage à la célèbre artiste togolaise Bela Belo. La femme empâtée a séduit les spectateurs par sa voix envoûtante et sa prestation scénique. Ensuite la ravissante béninoise, Zeynab, explosive, à l’image d’Angélique Kidjo. Les trois chansons endiablées ont font crépiter l’applaudimètre.
Le plat de résistance, Lady Ponce, drapée d’une superbe tenue de scène, apparaît sur scène et fait monter la température. Elle ne faillit pas à la tradition de mettre le feu et d’installer le public dans la liesse totale. Elle interprète d’abord «Le ventre et le bas ventre», son premier succès musical. La foule exulte. Lorsque ses deux danseuses apparaissent sur la scène, la mayonnaise prend véritablement.
Le public est littéralement subjugué par des contorsions d’une chorégraphie suggestive à la lisière du lascif. Les autres titres phares sont déclinés ; «Trahison», «les hommes», «ça la», etc. Elle interprète quelques chansons de son prochain album. L’hystérie est perceptible. Les «faroteurs» ne s’en laissent pas compter. Lady Ponce est copieusement arrosée de billets. L’ambassadeur du Cameroun au Gabon, Samuel Mvondo Ayolo se prête à l’exercice. Lorsqu’au milieu de la nuit, l’artiste quitte la scène, le public pourtant ravi en redemande.
Alain Georges Banassoubek, à Libreville