Fuzion, tel est le titre du premier album que vient de produire Dj (disc jockey) Pat Cool, bien connu des mélomanes qui fréquentaient la Sanza night club de Yaoundé, fermée pour l’instant. Le jeune chanteur a juste sélectionné quelques titres à succès des années 80, pour la plupart des chansons langoureuses (slows), pour en faire des chansons d’animation au rythme du coupé décalé pour les uns, makossa très enlevé pour les autres. Ainsi, passent dans les machines tenues par Joly Priso pour concocter «le Coran», titre phare de l’album, Dina Bell (Noué, Son Essele Nika), Sam Mbende (Olivia, Alabe), Ndedi Dibango (Dipita), Koko Ateba (Welissane, une composition de Guy Bilong), Eboa Lottin (Elimba Dikalo).
Le melting-pot d’une dizaine de minutes est embelli par des voix déjà bien connues de la musique camerounaise. Dj Pat Cool reprend un exercice qu’ont pratiqué arrangeurs et musiciens camerounais au milieu de la décennie 90: les pots pourris. Ce qui a d’ailleurs faire dire aux observateurs avertis que les musiciens étaient en panne d’inspiration. Aladji Touré a réalisé «La bible du makossa». Il y a aussi eu «Le testament du makossa», L’âge d’or, etc. remettant ainsi au goût du jour de vieux succès, pour le plaisir des nostalgiques.
Mais, pour son premier opus, Dj Pat Cool ne compose aucune chanson, comme Charlotte Mbango en 1987 avec «Makossa non stop». L’album de six titres est un assemblage de reprises. Des animations des clubs mises sur albums. Le «Beau Negro» et «Cousin militaire» de Donny Elwood font partie du menu. Tout comme les musiques que raffolent les jeunes: Rnb, Ragga, break, techno. Pat Cool ne déroge pas à la norme de l’heure qui veut que des noms d’amis et personnalités soient cités à tout bout de phrase.
Si certaines chansons se rapprochent de la version originale telles que la reprise les compositions de Sally Nyollo, ce n’est pas toujours avec beaucoup de bonheur que le Dj remixe ses musiques. Peut-être pour le grand plaisir des adeptes des espaces dansants. Notamment «Mon cousin militaire» qui a été quasiment dénaturé. La reprise de l’hymne de la coupe du monde italienne en 1990, «Un estate italiana» en version «coupé décalé» ne pourrait satisfaire que ceux qui veulent danser, quelle que soit la chanson. Dans la même gamme, «Taxi» de Koko Ateba ou les musiques religieuses.
Si l’adaptation peut susciter quelques commentaires sur l’opportunité à transformer telle ou telle autre chanson, l’on doit reconnaître que l’animateur, qui a décidé de s’essayer à la musique comme ses confrères ivoiriens, d’ailleurs, en surfant sur les vagues du Coupé décalé, il faut néanmoins relever que, sur le plan artistique, il s’est entouré de chanteurs et musiciens connus pour une caution à côté de sa voix qu’il faudrait encore découvrir (puisqu’il qu’il chante juste, trop juste). Notamment Nono Flavie, Final D. du groupe Bantu Pôsi, Joly Priso et, surtout, le jeune Achale, vainqueur du premier concours Star 2 demain en 2006. Arthur Manga et Bobby Nguime, qui comptent parmi les meilleurs instrumentistes de la place camerounaise viennent s’ajouter à la liste.
Justin Blaise Akono
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