Jacques Greg Belobo : Les talents se trouvent partout

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Le baryton camerounais donne un concert demain à la Basilique de Yaoundé.
Propos recueillis par Justin Blaise Akono

Qu'est-ce qui vous a motivé à donner un spectacle de ce type au Cameroun ?
Avant, j'avais fait des concerts au Hilton ou au Palais des Congrès de Yaoundé, qui comptent quelques centaines de places seulement. J'ai pensé à un concept pour avoir un peu plus de personnes, car la Basilique a une capacité d'un peu plus de 4.000 places. Le but étant de vulgariser le chant classique. En parlant de " Noël des enfants de chez moi ", je voudrais vulgariser ce genre au niveau des enfants pour avoir des chanteurs classiques dans 20 ans. La jeunesse est l'avenir de l'Afrique. Principalement ces enfants de la rue, qui m'ont inspiré. Et, je voudrais que ce concept se passe tous les deux ans. Les adultes ne sont pas exclus, car, ce sont eux qui vont accompagner les enfants.

Le concert est-il fin prêt ?
Le concert est fin prêt tant pour moi que pour tous les autres intervenants, à l'instar des artistes invités et du chœur de 100 choristes, pour un spectacle devant durer entre 1h 30 et 1h 45. On m'a demandé pourquoi Donny Elwood et Corry Denguemo, des chanteurs de variétés. Je pense qu'il faut savoir varier. Les deux artistes travaillent sur un thème relatif aux enfants de la rue. Ils ont écrit des textes y relatifs. Tous les enfants de la rue ne seront pas là. Nous avons invité une centaine d'enfants. Au fil des éditions, nous allons trouver des occasions pour les autres enfants.
Qu'est-ce qu'un Africain va chercher dans le chant lyrique ?
C'est la première question qu'on me pose toujours en Occident. Mais, qu'est-ce qu'un Camerounais va chercher dans le football ? Il y a un début partout. Des talents se trouvent partout. Aujourd'hui, les Africains sont parmi les meilleurs joueurs du monde. Les Africains peuvent aussi le faire dans le chant classique.

Notre langue nous permet-elle de chanter Petit papa Noël ?
On ne va pas écouter Petit papa Noël en Douala ou en Bassa. Ce serait tout simplement de la traduction. Je sais qu'il y a beaucoup de talents ici. S'il y a des conservatoires, vous verrez des classiques camerounais. Dans ce sens, je pense à la formation. Le premier projet que j'ai initié avec des amis, étudiants du conservatoire de Paris où j'ai étudié, était de venir faire des master classes. Je suis en train de préparer la création d'un conservatoire au Cameroun. La première étape est de vulgariser cette musique que les enfants ne connaissent pas beaucoup.

Où en est-on avec les recherches sur la langue maternelle ?
Avant, je cherchais un support pour m'exprimer. Raison pour laquelle j'ai adapté les chants Ewondo en classique. Aujourd'hui, je suis interprète, je suis chanteur. On ne peut pas faire mille choses à la fois et très bien.

Qu'est-ce qu'un opéra, un baryton et, y a-t-il un itinéraire à suivre pour être un surdoué comme vous ?
L'opéra est un théâtre chanté. Il est souvent accompagné d'un orchestre. Un chanteur basse baryton comme moi, c'est une question de classement des voix. Il y a deux voix chez les hommes : le ténor et la basse. La voix intermédiaire est le baryton. Quant à mon parcours de surdoué, je ne me suis pas encore arrêté pour le retracer. Je crois qu'un biographe serait la personne indiquée, mieux placée, pour le faire.

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