Musique : Eriko crée l’émotion sur scène

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Le chanteur qui se relève d’un grave accident a donné deux spectacles le week-end dernier à Douala et Yaoundé.

 



Il est plus de minuit ce 12 août 2010. Le dispositif de sécurité se renforce sur le podium. L’éclairage diminue sur le podium de Douala Bercy. Des bulles et de la fumée se répandent dans la salle. La chorale «Tapita», monte de nouveau sur scène. Un jeune homme arborant une casquette de couleur blanche, des lunettes noires, vêtue d’un t-shirt violet, un Blue Jeans de couleur et une paire de tennis apparaît. Une fois les projecteurs pointés sur lui, il lève la main.
Les filles ont caméras et portables multimédia au point. Toute la salle est debout, chacun veut immortalisée ce moment. «La grandeur ne signifie pas l’orgueil, mais l’humilité. C’est ce qui a permis la mobilisation de tous au chevet de Eriko», témoigne Moïse Bangteké, chroniqueur culturel. «Que de choses ont été dites sur lui, mais il est devant vous ce soir, il chante de nouveau grâce à Dieu. Merci à tout ce qui nous ont aidés et soutenus», renchérit la maman de l’artiste, la voix pleine d’émotion.

Eriko prononce alors ces premières paroles devant un public totalement conquis. Puis, il lance les hostilités avec «Yondo». La foule est en délire. Le pas de danse de l’artiste est hésitant. La voix un peu traînante. Qu’importe ! La séance de «farotage» commence. Ses fans exultent de joie et chantent à tue-tête avec l’artiste revenant. Un jeune garçon monte sur scène, et décoiffe Eriko. L’artiste serre le jeune garçon dans ses bras, enlève ses lunettes, et montre son visage au public. Un frisson parcourt la salle. Au bout de trente minutes de spectacle, il va interpréter, en live, à trois reprises (Yondo, une chanson en hommage à son manager et Njombos). Les hôtesses vendent le single, «je sors de loin», comme de petits pains.
Les Bantou Pô-si donne de la voix et chantent pour saluer le «Come back» de Eric Kouoh alias «Eriko». La tension monte d’un cran. La communion entre le public et ce groupe hip hop est indescriptible. Revisitant trois de leurs chansons, les Bantou Pô ouvrent les hostilités d’une soirée inoubliable. Dans la salle et parmi les spectateurs, on a remarqué la présence de nombreux artistes notamment, Krotal, Longuè Longuè, Nicole Mara, Racine Sa gâte, le Fada Kaotal, Lady B, etc. sont venus soutenir Eriko. Racine Sa gâte, qui monte sur le podium à la suite des Bantou Pô-si, contribue à enflammer l’assistance avec dans un Bikutsi savamment dosé.

Comme à Douala, la standing ovation accordée à Eriko, accompagnée de la minute de silence en hommage à son manager n’ont pas attiédi l’ardeur du public en délire. L’émotion est encore plus forte au Palais de sports de Yaoundé, dont le public a semblé manifesté une colère du fait de la longue attente du revenant. Mais, au bout, le spectacle de Yaoundé commence par une mise en scène. «On dit qu’Eriko ne chante pas. Eriko chante !» ordonne Martial de Koffi, l’impresario, avec beaucoup d’émotion dans la voix. Et Eriko, dans le même accoutrement qu’à Douala, exécute Djomboss en a capella, tout en dansant. Cris stridents dans le palais. Tout le monde scande le nom de l’artiste. «Dieu est grand et nous sommes petits. Il nous a ramené notre Eriko», lance Martial de Koffi.
Le bain de foule est interminable. Comme à Douala et en dépit d’une voix pénible, Eriko exécute avec maestria Yondo, Lily et Djomboss repris en chœur par les spectateurs. Au-delà de la prestation scénique qui a plutôt agréablement surpris du fait qu’Eriko était visiblement affaibli, l’autre mise en scène vient des musiciens, qui désertent leur poste de travail au moment où Eriko doit monter sur scène. Jimmy Eitel, Aubin Sandjo ou le Congolais Lucien Bokilo et les autres instrumentistes se font prier pour le show qu’Eriko ne voulait plus arrêter. Traversant le 80 mètres du plancher du palais des sports, presqu’en courant. Eriko quitte la salle sous les applaudissements du public.

Justin Blaise Akono et Aristide Ekambi

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