Concert : La maturité faite Alima

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La chanteuse a démontré au public de Yaoundé que l'avenir de la musique camerounaise passe aussi par elle.

 



 De mémoire de spectateur des "Goethe Café", jamais il n'y eut autant de monde qu'en cette soirée de mercredi dernier. Soirée au cours de laquelle Pélagie Alima, dont le talent avait déjà été entrevue en divers occasions, a montré au public qu'elle était désormais prête pour une carrière solo qui pour beaucoup a connu plus qu'un retard à l'allumage. Car Pélagie Alima, le mélomane camerounais connaît. Cela à travers des collaborations avec des musiciens de renom d'ici et d'ailleurs où elle a souvent brillé en back office au moyen de chœurs qu'elle pratique assez bien. Mais en front office, on ne l'avait pas souvent vu sur la scène. Pas qu'elle n'en ait pas les capacités, mais sans doute du fait des occasions qui jusque là étaient plutôt rares.

C'est donc émue mais déterminée à ne pas écorner une image de chanteuse bien entretenue jusque là qu'elle a fait le voyage de cette scène du Goethe Institut de Yaoundé. Où elle a étalé toute sa connaissance de la scène. Passant allègrement du chant à la danse ou au jeu de guitare, le tout dans une mise en scène digne des arts du spectacle. Une facette que beaucoup ont découvert en cette soirée où la chanteuse a brillé de mille feux.
Sur sa technique de chant, on a vu qu'elle était très au point. En alternant voix grave et aiguë dans une harmonie remarquée. Cela malgré les caprices de la technique qui se sont souvent invité à la fête sans toutefois décontenancer celle qui a mis le paquet pour la réussite de ce moment particulier au cours duquel elle a présenté au public sa première galette. Un single intitulé Akouma et qui a ouvert et bouclé son show.

Sur les compositions, le rendu de mercredi dernier était un voyage, mieux une ouverture au monde. Ouverture qui plonge cependant ses racines dans le terroir de la forêt qui l'a vu naître et grandir auprès d'une maman qui n'en finissait pas de lui narrer des petites histoires au coin du feu une fois la nuit tombée. Racines qui ont transmis à la sève qui montait vers le feuillage cette identité qu'on reconnaît dans le milieu comme étant du Roots. Et qui pour se faire une place au soleil a contribué à une magnifique synthèse d'avec l'apport de cet extérieur dominant que la musique d'Alima a su se réapproprier pour accoucher d'une mixture savoureuse capable de s'instiller dans tous les foyers.

Elle chantera donc le Cameroun profond, empruntant parfois les chemins des rythmes d'Afrique bien connus comme l'afro beat. Une escapade agrippée aux rythmes du terroir qui ont levé plus d'un spectateur dans ses moments paroxystiques. Et ce n'est pas Corry de Macase qui dira le contraire.
Sur sa présence scénique, ce fût à n'en point douter l'aspect qui surprit plus d'un. Usant de ressorts que lui procure la pratique de plus d'un art (chez elle, les barrières artistiques sont à bannir), elle a donné à son show une saveur particulière. Qui oubliera en effet cette chorégraphie et cette mise en scène qui se sont donné la main pour le final tout en maîtrise ?

Parfait Tabapsi

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