Que deviennent les artistes de la fête de la jeunesse ?

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La carrière des nombreux talents détectés dans les établissements scolaires n’est pas toujours suivie.

 



En cette veille de fête nationale de la jeunesse, le bouillonnement culturel est perceptible dans les lycées et collèges de la ville de Yaoundé. Dans la perspective des soirées culturelles et autres kermesses qui seront organisées ici et là, les différents clubs préparent activement leurs prestations. Les emplois de temps ont été allégés en vue de permettre aux élèves impliqués dans les activités périscolaires d’affûter leurs armes.
En plus des manifestations inscrites au programme du ministère de la Jeunesse (Minjeun), lequel implique tant les établissements aussi bien publics que privés de la capitale, chaque lycée ou collège compte organiser des manifestations culturelles dans son enceinte.

Parmi les activités culturelles prévues dans le programme du Minjeun, l’on annonce notamment une soirée de l’excellence au Hilton hôtel, où chaque établissement sélectionné pourra valoriser ses artistes. Egalement annoncés, des jeux et attractions au parc Kiriakidès. Les spectateurs vont se régaler à la faveur de cette kermesse des danses traditionnelles, entre autres activités. Au collège François Xavier Vogt, le train des préparatifs du bouquet culturel est sur les rails. Les clubs danse, orchestre, chorale, fanfare et théâtre sont mobilisés pour le spectacle qui sera donné le 10 février prochain en droite ligne de la kermesse qui aura lieu de 13h à 17h dans le campus du collège. Les entraînements de ces clubs gagnent en intensité. Tous les jours de la semaine, hormis le samedi et le dimanche, sont mis à contribution pour réviser des notes, des pas de danse ou tout simplement les chorégraphies.

Personnalités
Selon Marie Joseph Fouda, responsable des activités post et périscolaires (Apps) au collège François Xavier Vogt «les activités culturelles font partie de la tradition de formation au collège Vogt. A l’occasion de la fête nationale de la jeunesse, nous offrons la chance aux élèves de faire des prestations en plein air. Cela permet aux clubs d’être plus visibles. Tous les élèves sont invités à participer à ses activités». La responsable des Apps indique qu’il s’agit surtout de valoriser les élèves artistes. «Certains font des play-back. D’autres en profitent pour présenter le fruit de leur propre inspiration. Cette année, nous allons inviter des artistes confirmés afin qu’ils puissent égayer les élèves, mais aussi montrer à certains, qui veulent devenir des grandes vedettes, la voie à suivre». Une matinée des jeunes, sorte de bal des tout petits (6e et 5e), est programmée avant le spectacle dédié aux élèves des classes supérieures.

Au-delà de la volonté de «former des esprits sains dans des corps sains», Mme Fouda fait savoir qu’au fil des ans, beaucoup de talents sont sortis du moule du collège Vogt, spécifiquement à la faveur des kermesses organisées à la faveur du 11 février. «Auparavant la musique était pratiquée au collège par les élèves qui avaient au moins 12 de moyenne. Donc, ce sont les meilleurs qui s’exprimaient dans cet art. Aujourd’hui cette matière est coefficient demi. Mais on note toujours un réel engouement au niveau des clubs. Le 11 février est un cadre d’expression des artistes en herbe autant que d’autres à l’instar des journées culturelles diocésaines qui auront bientôt lieu». Parmi les artistes formés au collège Vogt, l’on cite Jacques Fame Ndongo (clarinettiste et non moins ministre de l’Enseignement supérieur), Lucien Sanzouango (guitariste, président du comité national de compétitivité), Jean Marie Assene Nkou (guitariste, homme d’affaires). L’on cite également Simon Pierre Ndoyé (pianiste), Hakapoca (musicienne) et Stéphanie Areth Yadala (musicienne).

Suggestions
D’autres artistes de renom tels que Marcellin Ottou ou Caillou figurent aussi dans la liste des anciens pensionnaires du collège Vogt. Pour Mme Fouda «il est difficile de suivre la carrière de ces artistes une fois qu’ils sont sortis du collège Vogt. Mais les échos nous parviennent pour témoigner que certains continuent de se consacrer à l’art qu’ils ont choisi, soit dans l’Enseignement supérieur, soit dans leur milieu professionnel. Beaucoup font ainsi partie des orchestres dans l’Armée ou la Police. D’autres encore continuent de pratiquer la musique à leurs heures perdues. C’est le cas de certaines personnalités qui sont passées par les bancs du collège Vogt». Pour Paul Mbem, directeur du collège d’enseignement secondaire (Ces), de Ndongo, dans la périphérie de Yaoundé, «beaucoup de jeunes talents s’expriment devant les autorités pendant la semaine de la jeunesse. Il y en a qui ont vraiment des capacités. Mais ils ne sont pas toujours suivis».

D’après l’encadreur du club théâtre du collège Vogt «ils sont nombreux, les élèves qui faisaient du théâtre ici au collège Vogt et qui se sont reconvertis dans la musique». Un enseignant de lycée suggère qu’au niveau du ministère des Enseignements secondaires et de l’Enseignement supérieur, un cadre de suivi des artistes puisse être balisé. Car comme le souligne Marie Joseph Fouda «aujourd’hui, on peut vivre de l’art qu’on pratique. L’environnement n’est plus le même. Et beaucoup d’artistes l’ont compris. Nous ne considérons plus uniquement la musique sous un angle pédagogique au collège Vogt. Il peut également être un métier. En tout cas, nous veillons sur nos élèves artistes afin que leurs performances scolaires et leur goût pour les activités périscolaires aillent de pair».

Georges Alain Boyomo

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