Charman M : Le musicien qui rime dans un bikutsi francisé

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Auteur-compositeur-interprète, il a été élu meilleur album au dernier festival consacré à ce rythme musical.



L’année 2009 aura été une année pleine de succès pour lui. Sacré artiste bikutsi de l’année 2009 au dernier Festi-Bikutsi, puis meilleur album bikutsi par le poste national de la Crtv, Charmam M peut se réjouir d’avoir fait son come-back sur la scène musicale camerounaise, sous les feux des projecteurs. Grâce notamment à son titre «Code pin», nom éponyme de son dernier album - le quatrième après «Eclosion» (2001), «Le bon réseau» (2004) et «Julie» (2006) - et qui a fait danser plus d’un mélomane l’année écoulée. Pourtant, Michel Mfegue Olama, de son vrai nom, dit avoir été surpris par ces récompenses, du moins celle décernée au dernier Festi-Bikutsi. «Je ne m’y m’attendais pas. Je revenais d’une tournée qui m’avait conduit en France, en Suisse et en Allemagne, lorsque j’ai été invité à prester à ce mythique festival», dit-il.

Mais c’est avec joie qu’il a accueilli cette récompense qui représente «la nouvelle naissance de l’artiste Charman M».
C’est encore empreint de l’euphorie de ces distinctions que cet auteur-compositeur-interprète de 27 ans a commencé à enregistré les chansons de son prochain album dont la sortie est programmée pour l’année prochaine. Profitant dans la foulée de la fraîcheur de son succès pour lancer une promotion «plus internationale» de son dernier opus. A écouter cet ancien élève du lycée mixte d’Akonolinga, rien ne laissait présager qu’il ferrait carrière dans la musique. Même si, enfant, il a longtemps été bercé par la musique de son oncle Sala Bekono, de regrettée mémoire. «J’étais plutôt bouquin. Un jour, ma grande sœur m’a demandé de l’accompagner à une répétition. Un choriste n’arrivait pas à tenir une voix. Je me suis retrouvé en train de le mimer et c’est là que le chef d’orchestre m’a demandé de prendre le micro. C’est l’histoire d’amour avec le micro qui, depuis, ne me quitte plus», dit-il. C’est à ce moment là que se fait le déclic.

Ses premiers pas dans la musique, il les fait en reprenant, lors des concerts scolaires, certains tubes de ses idoles : Sala Bekono, Emile Kangue, Ange Ebogo, Lokua Kanza, JB Mpiana etc ; question de «travailler (sa) voix». Jusqu’au jour où il sera découvert par Francky Tosa qui enregistre son premier album «Eclosion». Un album qui passe cependant inaperçu. Sa musique, il la définit comme un «bikutsi révolutionnaire». «Ce rythme a longtemps été considéré comme réservé aux vieux. D’autres personnes continuent même à l’appeler rythme de la forêt. Moi, j’aimerai faire du bikutsi, un rythme urbain qui accroche toutes les générations. Je ne renie pas le travail énorme abattu par ceux qui m’ont précédé, mais j’injecte de l’énergie nouvelle en associant des mélodies universelles. C’est la première fois que le bikutsi est chanté en français avec des rimes», affirme-t-il.

Dans ses morceaux, on retrouve du hard rock. Revenant sur sa santé, Charman M regrette tout ce qui a été dit à ce sujet. «J’ai bel et bien eu de très gros problèmes de santé. A l’hôpital, on a parlé d’intoxication alimentaire pendant que les tradi-praticiens qui m’ont remis sur pied parlaient d’empoisonnement», confie le musicien. Avant de poursuivre : «Sans avoir indexé qui que ce soit, des voix se sont élevées pour dire que je les avais accusées. Sans présenter des supports où je les accusais, ils ont, pendant des semaines, mené une campagne diffamatoire et ont incité certaines personnes à diffamer ma modeste personne». Aujourd’hui, le musicien dit vouloir porter plainte à ses détracteurs «pour diffamation et incitation à la diffamation».

Patricia Ngo Ngouem

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