Sortir la musique de l’ornière de la pornographie

commentaires · 398 Vues

La Ligue nationale pour la défense de l’authenticité et de la moralité musicale, Linadam, se donne pour credo d’assainir la scène musicale camerounaise.

Dans l’optique de sortir la musique camerounaise de la léthargie dans laquelle elle est plongée, les artistes musiciens et comédiens sont engagés sur différents fronts. Pendant que la Cameroon musique corporation, la Cmc et les autres sociétés de droits d’auteurs sont dans les marchés et autres pour mener une guerre sans merci contre les pirates, la Linadam quant à elle mène le combat contre la clochardisation de l’artiste, le plagiat, le manque de créativité et surtout la pornographie qui est devenue le champ de prédilection de la plupart des “ aventuriers et apôtres de la facilité ” qui ternissent l’image du paysage culturel camerounais.
Pour un meilleur suivi de leurs activités, les membres de la Linadam se sont réunis, le samedi 6 mai à Bafoussam à l’occasion de leur 4e assemblée générale. L’ordre du jour portait sur la lutte contre les dérives musicales, le plagiat des artistes et les voies et moyens pour promouvoir la musique camerounaise hors de nos frontières. Au terme de plus de 7 heures de travaux, sous la direction de Doudou Pajeto, président national de cette jeune association, les artistes présents ont fait le constat selon lequel la musique camerounaise est malade et mérite un diagnostic minutieux.
“ En plus du plagiat, le fond des chansons est vide et les messages véhiculés tournent autour du sexe ”, a t-on relevé pour le déplorer. Dans cette perspective, les producteurs et les médias audio visuels sont cités au premier chef de ceux-là qui encouragent la dérive de la musique au Cameroun. Pour Doudou Pajeto, “ les médias sont en mesure de faire d’un cancre une étoile dans la mesure où la régularité et la proximité créent l’envie. Au fur et à mesure que certaines radios et télévisions diffusent à longueur de journée les musiques obscènes, les jeunes y prennent goût avec tout ce que cela comporte. ” Avant d’ajouter que la musique camerounaise est tuée sciemment au profit des sonorités étrangères qui occupent plus de 70% des programmes de certains médias audiovisuels.
Soucieux d’intensifier le combat par une campagne de proximité, des conférences-débats sont prévues à Yaoundé, dans un futur proche, afin de réveiller les consommateurs sur les risques qu’ils courent en laissant la musique camerounaise à la merci de la phagocytose des rythmes étrangers. Les exposés porteront sur des thèmes tels que : “ L’artiste camerounais face à ses responsabilités ”, “ qu’est ce qu’un artiste ”, “ état des lieux du paysage artistique national ” “ art et développement ” et “ l’avenir de l’art au Cameroun ” et bénéficieront de l’expertise, sauf changement de dernière minute, des universitaires que sont les Pr Mono Ndjana, Kuitche Fonkou Gabriel et le Dr Théodore Nangoua.
Avec aujourd’hui plus de 100 membres, la Linadam est consciente du fait que la bataille ne sera pas du tout facile, en raison de la gravité du mal et de la morosité des moyens humains et financiers. Malgré cela, ses membres sont déterminés à aller jusqu’au bout de leur combat.
 

Par Blaise NZUPIAP NWAFO
Le 11-05-2006

commentaires