Magic Fm : Les musiques du Sahel arrosent la capit

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L'émission de Issa Mamoudou souffle ce mois de juin sur ses trois bougies.
Justin Blaise Akono

Tous les vendredis lorsqu'il est 15h 15, un air de musique propre aux régions septentrionales et celles de l'Ouest de l'Afrique souffle sur la ville de Yaoundé et ses environs à travers les ondes de Magic Fm. Une des radios urbaines émettant sur la fréquence de modulation (Fm) 100.1. Faddah Kawtal du Cameroun, Youssou Ndour, Baba Maal, Ismaël Lô, Coumba Gawlo du Sénégal, Oumou Sangaré et Aïcha Koné du Mali, Mory Kanté de la Guinée constituent généralement la sélection de Issa Mamoudou, "le Diamant des ondes" sous ses oripeaux d'animateur.

"Il fallait répondre aux besoins de la forte communauté sahélienne vivant à Yaoundé", explique Issa Mamoudou qui n'est pas étranger à cette région. Pour ce faire, la tâche n'est pas des plus aisée. Dès lundi, il se rend dans les différents points de concentration de ces communautés pour avoir les disques et échanger aussi avec le public cible, dans le but de comprendre les chansons et mieux les présenter aux auditeurs. Il se rend aussi dans les lieux de vente de disques où cette musique est malheureusement très rare, selon le présentateur. Jeudi, "le Diamant des ondes" navigue sur internet pour avoir la dernière actualité sur les musiques choisies et la communauté entière, avant de dresser son conducteur d'antenne. Lequel conducteur d'antenne attend souvent d'être prêt le jour de diffusion de l'émission, au regard de la rareté des musiques.

Le vendredi après-midi, l'émission commence après le bulletin d'information bilingue de la radio. "Nangadef", bonjour en Wolof, une langue du Sénégal ou "Djamna", bonjour en foulbé, une langue des provinces septentrionales du Cameroun constituent l'entrée en matière selon que la première musique est sénégalaise ou camerounaise. La voix du présentateur, qui est généralement tonitruante lors des autres émissions qu'il présente à l'instar du journal d'information ou du journal de sport, est plutôt langoureuse. Souvent, Issa Mamoudou est accompagné de Jean-Baptiste Etogo Ebogo, "le Casamançais". Parfois, c'est un membre de la communauté cible vient sur le plateau, proposer des chansons tirées de sa propre discothèque.

La première partie de l'émission, environ quinze minutes, est essentiellement musicale. C'est à peine si l'animateur annonce le titre et l'auteur de la chanson afin de situer les auditeurs. "J'ai décidé de procéder de cette manière car, les appels téléphoniques ne permettaient pas d'écouter la musique", se justifie Issa Mamoudou. La deuxième partie de l'émission, une demi heure, est interactive. En même temps que les musiques sont diffusées, les auditeurs peuvent appeler. Soit pour faire des dédicaces, soit pour passer des messages ou échanger avec le présentateur qui en profite pour en savoir un peu plus sur la communauté ou le pays de l'auditeur qui appelle. Lorsque vient l'heure de la fin de l'émission, le téléphone de la radio continue à crépiter. Les auditeurs veulent intervenir. Issa Mamoudou leur donne alors rendez-vous pour le vendredi suivant pour d'autres musiques du Sahel.
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