Musique : Douces mélodies des régions chaudes

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La 2ème édition du Festival international des musiques sahéliennes du Cameroun bat son plein à Ngaoundéré.
Jules Romuald Nkonlak, à Ngaoundéré

Une foule légèrement enthousiaste s'est installée dans l'espace réservé aux spectacles du complexe Marhaba en plein coeur de la ville de Ngaoundéré. Il fait très froid ce mercredi soir dans le chef-lieu de la province de l'Adamaoua et les musiciens tentent de mettre de la chaleur sur le lieu du spectacle. Il n'a pas été choisi au hasard, étant d'ordinaire l'un des hauts lieux d'ambiance de la ville. La sonorisation, sur le petit podium, est mauvaise. Mais puisque le public n'est pas grand, on ne se plaint pas vraiment. A vrai dire, il s'agit surtout d'un avant-goût pour les spectacles que l'on annonce dès le lendemain au cinéma théâtre l'Adamaoua.
Adala Gildo, le directeur du Festival international de musiques sahéliennes, Festi-Musa, qui est cette année à sa deuxième édition, a voulu faire la fête à Ngaoundéré. Accompagné de musiciens spécialisés dans les rythmes traditionnels du Nord Cameroun, il offre cependant un cocktail de sonorités plutôt jazzy. A côté des sons de son piano moderne, les sons du calangou et la flûte qui l'accompagnent, ont quelque chose d'entraînant, ce qui crée finalement une musique bien originale que quelques connaisseurs applaudissent.

Avant Adala Gildo et son groupe, d'autres artistes ont égayé cette "Jam session" -spectacle ouvert à tous les artistes désireux de se produire- que l'organisation a choisi de placer en ouverture du festival. Amina Pulloh, jeune chanteuse particulièrement adulée des populations du Septentrion, a arraché des cris de joie et des salves d'applaudissements au public, bien décidé à l'empêcher de quitter le podium et à profiter plus longtemps encore de ses coups de rein et de sa belle voix. On a pu apprécier également la voix de Mimi Diaba, bien connue déjà à Ngaoundéré, où elle a monté un groupe musical, "Kilanta", qui se produit tous les soirs dans un cabaret de la ville. Hier, pour la première grande soirée du Festi-Musa 2007, Mimi Diaba, Aminatou Ouwalé et le Adala Gildo Jazz Fusion se sont produits au cinéma l'Adamaoua.

On annonçait également, pour hier jeudi, l'arrivée du groupe Garraya, installé à Yaoundé et parrainé par Baba Moussa, l'ancien de l'orchestre de la Crtv. Le groupe, qui commence à se faire un nom sur la scène musicale camerounaise, se produira demain samedi, tout comme Abdou Benito, que l'on a connu à travers sa chanson composée pour les orphelins, générique du feuilleton L'Orphelin, qui a été diffusé il y a quelques années sur les antennes de la Crtv. Perdu de vue et même oublié par les populations des autres provinces du pays, celui qu'on appelle à Garoua "le doyen", est resté populaire dans le Septentrion, même s'il n'a rien produit au cours de ces dernières années. Le spectacle de samedi verra également la participation de Gesse Roy, le Reggaeman du Nord, d'Alhadji Hayatou Ga¨Ibal, etc. Mais avant, il y a déjà ce jeudi soir une autre soirée musicale et humoristique, avec Cheick Abdul, Amina Pulloh, Aoudou Djika humour, Tousbanga et le Sai System.
Lancé par Adala Gildo, la première édition du Festi-Musa a eu lieu en décembre 2005 à Maroua. Cet événement vise à promouvoir les musiques de la zone sahélienne du Cameroun, Adamaoua, Nord et Extrême-Nord, tout comme celle de l'étranger. Cette année singulièrement, des artistes tchadiens et soudanais font partie des invités.
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