Au nom de Dieu

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Au Cameroun, célébrer Dieu en chantant n’est plus la chasse gardée du clergé. La composition des textes liturgiques pour la célébration eucharistique se trouve désormais dans la rue. Et ce, avec un succès non négligeable. L’insertion de la chanson “ Assimba ”, de La Voix du Cenacle de Gervais Mendo Ze, (sortie pour louer Marie, la mère de Jésus il y a quelques années) aura servi de déclic pour nombre de nouveaux artistes. Les refrains de ce tube ont eu leur heure de gloire dans les foyers, les fêtes, les dancings club… Il n’en fallait pas plus pour faire naître de nouvelles vocations.
Il est loin, le temps où on attendait avec frénésie dimanche, avant de se délecter de la musique religieuse, dans les églises. Les chansons étaient alors composées minutieusement par pasteurs et prêtres, en respect avec les versets bibliques. Aujourd’hui, pour une réception entre collègues, le mariage d’un ami ou lors d’un pot entre copains, il n’est plus rare de se voir servir de la musique religieuse. Ronz, Logtega, Odile Ngaska, Chantal Yologaza, Duala Inter Choir, la Harpe de David et de bien d’autres chorales sont désormais au centre de notre quotidien.
Même les boîtes de nuit les plus branchées de nos cités ont dorénavant, leur quart d’heure de musique religieuse, au plaisir de leurs abonnés. Qu’est-ce qui donne ainsi des ailes à la musique religieuse ? La musique religieuse puise son essence dans la religion. Certains pensent que c’est la prolongation du Gospel (musique religieuse noire par essence), chantée à l’origine par les esclaves noirs dans les plantations américaines. Le terme Gospel étant la contraction des termes anglais God (Dieu) et spell (incantation). Mais pour le révérend Ngankou Georges, secrétaire national du département de la jeunesse à l’Eglise évangélique du Cameroun (Eec), la religion est “ un lien entre l’homme et une transcendance ”. Ceci par opposition à la musique chrétienne dont le but évangélique “ cherche l’épanouissement et la libération totale de l’homme ”.
Face à cet engouement sans cesse grandissant pour les chants religieux sur des rythmes païens, les positions divergent selon qu’on est homme d’Eglise, sociologue, producteurs, artistes ou consommateurs. Le Messager tente de percer le mystère et de trouver une explication à ce phénomène social.
 

Par V. N.
Le 08-09-2006

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