Le premier album du camerounais mêle avec goût le chant Bamoun et des sonorités classiques.
Marion Obam
Il a choisi comme nom d'artiste Noun. Le nom du département qui héberge ses racines, son village à la culture si diversifiée et riche. Noun, jeune camerounais de son vrai nom Germain Mboué Mboué, est un bamoun qui vient de mettre son album "Yaré" sur le marché. L'opus de 10 titres, qui vient de sortir en France et qui est disponible au Cameroun depuis janvier 2007, est entièrement chanté en langue bamoun. Comme pour affirmer son identité, l'artiste a posé sur sa pochette avec les tons et couleurs qui renvoient à la noblesse. Noun s'est couvert du Tieyar plus connue sous l'appellation du " Ndop " en pays Bamiléké, laissant ses dreadlocks au vent et renforçant les contours des cauris qui y sont fixés. Noun est donc traditionaliste. Il a cependant accepté de s'ouvrir au monde. D'aller au-delà des plaines du Noun.
Yaré, titre de l'album est le premier arrêt la livraison de ce notaire de formation qui a choisi la guitare pour mieux s'exprimer. Il y parle de l'amour que l'on doit porter aux enfants qui sont l'avenir de demain. C'est pour cela qu'il faut qu'ils soient présents dans nos cœurs. Ici, comme dans les autres titres : Salamatou, Aissatou, Raima la guitare de Noun accompagne sa voix claire aux intonations de tristesse pour mieux dire son amour aux filles qu'il a aimé, aux femmes de courage et de caractère mais aussi aux filles mères qui reçoivent les railleries de leur entourage, mais qui élève leur enfant malgré tout. Dan sa langue maternelle, il dit ce qu'il ressent. Il s'est dressé en véritable défenseur des femmes qui sont trompées par leur époux qui reviennent au petit matin et deviennent violent car ne sachant pas comment s'excuser.. Dans E-Silmala, il fustige le Sida et reste optimiste car il sait que " Quand le soleil viendra, le Sida s'en ira". Il crie dans "Tane kone", pour la famine et les ravages qui ont transformé l'Afrique en sous continent.
Parfois, on sort des balades mélancoliques pour trouver quelques notes gaies comme dans Bantou blues. La connotation globale de l'œuvre est très blues, pour une émotion unique, qui s'accouple aux rythmes du terroir, notamment le Kpalum. L'originalité de cet album, c'est que Noun a pu chanter et bamoun et poser sa voix sans fausses notes sur des notes jazzys. Cet album qui est assez singulier a vu la participation de la violoncelliste Johanne Mathaly, des bassistes Philippe Zelmar et Matthieu Sieau, des percussions de Toup's Bebey, de vents incisifs d'une flûte bien joué par Greg Martens et du chœur de Patricia Abou. Les quatre premiers titres de l'album ont vu la participation de Muntu Valdo, qui a une coloration très africaine. Yaré est la rencontre du chant Bamoun, du Cameroun et des sonorités classiques. Telle est l'essence de la musique de ce jeune camerounais où s'harmonisent guitares, violoncelle, basse, percussions sur des textes qui touchent à l'Humain et dise la vie simple. Des éléments que Thierry Doumergue, le sorcier blanc à mis en orchestration pour le plaisir de l'ouie.
RepèresAlbum : Yaré
Artiste : Noun
Sortie 2006 France, 2007 Cameroun
Titres : 10
Produit par Noun
A Ecouter : Yaré, Raima, E Simala, Aissatou, Bantou Blues