Douala : Les commerçants chinois font grève

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Les tracasseries douanières et fiscales à l’origine du débrayage qui a débuté hier matin.
D.N

A la cité commerciale chinoise située au lieu dit douche municipale, à Douala, toutes les boutiques sont restées fermées durant la journée d’hier, mercredi 11 juillet. Un mouvement de grève des ressortissants chinois a été observé à tous les points de la ville où ils tiennent des magasins. Autour de 10 heures, tous se sont retrouvés au cinéma Etoile, au marché Congo. La police y était également présente, "pour éviter les débordements". De là, plus de 30 Chinois ont embarqué à bord d’un bus Coaster, tandis que d’autres ont emprunté des motos, à destination de leur consulat sis au quartier Bonapriso.
A l’origine de ce mouvement d’humeur, les grévistes évoquent les nombreuses tracasseries dont ils sont victimes au niveau des services des impôts et des douanes. "Tous les containers en provenance de Chine sont actuellement bloqués au port de Douala", lance M. Huan La traduction de ses propos est assurée par Thomas Etoundi, superviseur de la cité du commerce chinois au marché Congo. Pour calmer les esprits, des pourparlers ont été engagés, dans une petite salle de fortune, entre le commissaire du 3ème arrondissement, les responsables du centre divisionnaire des impôts n°3, les responsables de la douane et les représentants des commerçants chinois.

Au terme des discussions, il a été convenu, selon un participant à la concertation, que les dossiers fiscaux et douaniers des grévistes seront désormais examinés avec clémence, "en évitant au maximum de stigmatiser une communauté qui respecte les institutions du Cameroun". Aussi, le processus d’enlèvement des dizaines de containers actuellement bloqués au port devait-il être accéléré.
La concertation s’est achevée vers midi, au moment même où des dizaines de Chinois étaient rassemblés à leur consulat à Bonapriso, sous la conduite du président de la communauté chinoise de Douala, Chen Bosong. Une source proche de Wu Jian Hai, le patron de la cité du commerce chinois, a confié à Mutations que ce dernier, ainsi que Ji Xiao Wu, tout puissant patron de la China Council For The Promotion of Peaceful National Reunification, regroupement œuvrant à l’intégration des Chinois au Cameroun, se sont concertés, en vue d’obtenir des accords écrits, avant toute levée du mot d’ordre de grève.
Le 30 janvier 2007, les Chinois du Cameroun avaient adressé un mémorandum à leur président Hu Jintao, alors en visite à Yaoundé. L’essentiel de leurs griefs portait sur les descentes musclées des éléments des forces de l’ordre (policiers, gendarmes) dans leurs magasins, l’insécurité, les tracasseries du fisc et des douanes.
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