Nouvel album de Tiken Jah Fakoly

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Musique : Nouvel album de Tiken Jah Fakoly
« L’Africain » sortira le 24 septembre prochain

Le Patriote No. 2246 du Jeudi 26 Juillet 2007
Il revient, avec la verve qu’on lui connaît, sur le marché du disque. Avec sous le bras, une œuvre riche en sons, à la thématique forte. Plus mature que jamais. Le 24 septembre prochain, Tiken Jah Fakoly lancera, dans les bacs, son nouvel album. « L’Africain », c’est son titre, se veut l’incarnation de l’unité entre de multiples identités pour mieux promouvoir la richesse culturelle essaimée partout sur la planète. Mais, il se veut surtout le regard piquant de l’artistes sur le martyr d’un Continent, l’Afrique distancée dans la course folle de la globalisation et dont les enfants n’ont qu’un rêve : le fuir. Dans la chanson, « Ouvrez les frontières », écrite par Magyd Cherif (chanteur de Zebda) et qui sera probablement le premier "Single" extrait de l’album, Tiken Jah Fakoly évoque, en duo avec le rappeur Soprano, le douloureux sujet de l’immigration. Il pleure notamment la souffrance de l’Africain qui n’a d’autre choix que de partir pour échapper à sa condition (misérable). De même, il rappelle, d’une voix saisissante, les risques de l’immigration.
Tiken Jah fustige, par ailleurs, les guerres avec le bouleversant « Soldier », encore signé par Magyd, qu’il chante en duo avec le rappeur américain d’origine sénégalaise Akon. Le descendant de Fakoly y rend hommage également à tous ses frères du ghetto qui, de l’Irak à la Somalie, sont embarqués dans des conflits qui leur échappent et auxquels ils ne comprennent toujours pas grand-chose. Tiken Jah indexe, en outre, le mariage forcé (« Ayebada ») et les mutilations génitales féminines (« Non à l’excision »). Il n’oublie pas pour autant son pays qui se reconstruit après avoir failli basculer dans la guerre civile. Chantée avec Bêta Simon, « Ma Côte d’Ivoire » est un message de réconciliation, un pont jeté entre les deux camps, deux ethnies, deux douleurs. Elle résonne comme une promesse de retour et d’unité, un acte de foi dans l’avenir.
Côté musique, Tiken Jah saupoudre son Reggae d’influences Hip hop et mandingues (avec la participation du virtuose malien de la Kora, Toumani Diabaté sur le titre « Ma Côte d’Ivoire »), sans oublier les samples du célèbre Geoffrey Oryema (sur « Non à l’excision »). « L’Africain » a été enregistré d’abord au Studio H. Camara (du nom du comédien qui l’a hébergé à ses débuts à Abidjan et qui depuis a été assassiné en février 2003 par les escadrons de la mort), que Tiken a ouvert à Bamako. Pour la première fois, il y a réuni l’orchestre qui l’accompagne en tournée pour poser les jalons de cet album avant d’aller le peaufiner à Londres, en passant par Paris. « L’Africain » est la huitième œuvre de Tiken après, « Les Djélys » (1993), « Missiri » (1994), « Mangercratie » (1996), « Cours d’histoire » (1999), « Le Caméléon » (2000), « Françafrique »(2002) et « Coup de gueule »(2004). En attendant sa sortie, l’artiste continue de sillonner le monde. Il était récemment au Canada où il a participé au festival « Nuits d’Afrique » à Montréal et au festival d’été de Québec. Le 5 août prochain, il sera au Portugal pour le Sudoeste Festival. Ensuite, il ralliera le 24 août, Wiesen, en Autriche, pour le festival Sunsplash.
Y. Sangaré 
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