Tourisme : pourquoi le Nord se vend mal

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Le Nord offre (avec l’Extrême-Nord) la plus forte concentration d’attractions touristiques avec un paysage de savane et de steppe alternant avec des montagnes, un folklore et un habitat d’une riche diversité. Mais la plus grande particularité touristique du septentrion reste la faune immensément riche, favorable au safari et à la chasse sportive. Au total, trois grands parc nationaux (Bénoué, Bouba Ndjidda, Faro), dotés de nombreuses réserves et zones cynégétiques. La province du Nord est par ailleurs arrosée par de grands fleuves, notamment, la Bénoué, le Faro, le Mayo-Kebbi, un affluent de la Bénoué. Du barrage hydroélectrique de Lagdo au Mont Atlantika qui s’ouvre sur le Nigeria, en passant par les gorges de kola, les chefferies traditionnelles de Demsa, de Rey-Bouba, de Tcheboa, le marché de bétail d’Adoumri ou le site archéologique de Bidzar, dame nature a bien nanti la province en sites touristiques. Toutes ces offres s’accompagnent d’une infrastructure non négligeable. Outre l’aéroport international de Garoua, point de chute de tous les touristes des trois provinces septentrionales, la province du Nord est également dotée de nombreuses structures hôtelières, offrant l’essentiel des prestations et des commodités requises. Autant d’atouts qui devraient faire de la province du Nord, une destination de prédilection pour les touristes et autres adeptes de sensations nouvelles, d'authenticité et de cultures différentes. Mieux valorisées, les activités touristiques et cynégétiques peuvent constituer la deuxième ressource budgétaire après les impôts et donc contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations locales. Mais le constat est amer, la province du Nord ne tire malheureusement pas le maximum de profits de ces atouts que lui ont procuré la nature. Non seulement l’objectif de 50 000 touristes tel que fixé par les services locaux du tourisme n’est pas atteint mais aussi les recettes que génère ce secteur sont de loin insignifiantes au regard des énormes ressources et potentialités de la province, en matière cynégétique et touristique. Chaque année, hormis les recettes relatives aux frais d’obtention des licences et autres agréments, seuls 136 millions de francs sont reversés aux communautés et communes de la province au titre de redevances fauniques provenant des droits d’affermage. Comparées aux redevances forestières que perçoivent les communes et communautés villageoises des zones forestières, les ressources issues des activités cynégétiques sont minimes si l’on prend en compte le potentiel faunique de la province. Le paradoxe crève donc les yeux entre l’immense richesse des zones d’exploitation et la pauvreté des populations riveraines. Une contre-performance que seuls ne peuvent expliquer les difficultés de communication entre le Nord et le Sud (transport), l’insécurité (phénomène de coupeurs de route) ou le mauvais accueil des touristes et autres adeptes de la chasse sportive. Les deux activités souffrent en fait de l’amateurisme des différents intervenants. Si plusieurs amodiateurs ne disposent pas des titres requis ou ne respectent pas leurs cahiers de charges relativement aux réalisations sociales dans les zones riveraines, ceux qui sont en règle se plaignent du harcèlement et de la pression de l’administration du fisc. Du coté des pouvoirs publics, l’on semble se complaire dans les concertations à n’en pas finir sans que de véritables actions concrètes ne soient visibles. Il sera par exemple difficile pour un touriste ou un chasseur de revenir sur ses traces si son séjour n’a pas été entouré des commodités nécessaires. Ce sont là autant de constats que se propose d’élucider ce dossier, à la faveur de l’ouverture de la saison cynégétique et touristique 2007-2008 (1er décembre au 31 mai), dans cette partie du pays.

Grégoire DJARMAILA
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