Bien gérés, les échecs d’aujourd’hui préparent les succès de demain. Le Cameroun s’est il abreuvé à la source de cette sagesse africaine, après la Can 2008 ? Les faiblesses qui éventuellement, auraient pu priver notre équipe de son cinquième sacre, ont-elles été froidement analysées pour une meilleure préparation des échéances futures ? A la lecture de signes, cette démarche autocritique susceptible d’induire des améliorations, ne paraît pas à l’ordre du jour. Tout au plus se gargarise-t-on de cette finale perdue contre les Pharaons d’Egypte, comme si les Lions ne méritaient pas mieux. Les observateurs parlent de miracle pour qualifier la prestation des Lions indomptables au Ghana, beaucoup plus pour déplorer leur impréparation à ce stade de la compétition où rien ne s’improvise que pour saluer leur bravoure. Les victoires des nôtres contre des équipes qui de leur côté, s’étaient bien préparées, sans s’en remettre au hasard, vont en effet au-delà des simples aléas du sport. Pour le Cameroun les compétitions se suivent et se ressemblent, sans que les échecs d’hier préparent les victoires de demain. En 2002, alors que des pronostics fiables créditaient les Lions indomptables d’une place en demi-finale de la coupe du monde, notre équipe a perdu sa compétition… à Paris, pour deux jours de trop passés à l’aéroport à cause de problèmes d’organisation. En avons-nous tiré les leçons ? Pour le Ghana, un nouvel entraîneur est nommé à quelques semaines de la compétition. La préparation de l’équipe a été celle que l’on sait et le premier match de poule contre l’Egypte comme véritable test. Qu’importe ! Les lions indomptables sont arrivés en finale. Plutôt que de tirer les nécessaires enseignements de cette participation mitigée, les hauts responsables du football se déchirent, étalant leurs querelles sur les médias, animés par des préoccupations au vernis patriotique qui, légèrement grattées, exhalent très vite des effluves d’argent.
« Est-il est normal de donner à un seul joueur 50 millions de FCFA pour avoir atteint la finale de la CAN et 100 millions à un seul entraîneur et n’apporter aucune assistance (même pas d’un seul) aux équipes de jeunes et aux clubs ? Dans ces conditions, peut-on espérer une bonne relève des Lions indomptables et exiger que nos clubs soient champions d’Afrique ? Je regrette que la tutelle ne se soucie pas du football des jeunes» Non ! Cette déclaration n’est pas le fait d’un anonyme amoureux du football, soucieux de l’avenir des Lions. C’est Iya Mohamed, en personne, le président de la Fécafoot, Fédération camerounaise de football qui tirait ainsi hier sur les colonnes de Cameroon Tribune, les leçons de Ghana 2008. Dans la même édition, le ministre des Sports et de l’Education physique, Augustin Edzoa s’exprimait ainsi : « … Entre le président Iya et le Ministre, il n’y a aucun problème. Beaucoup ont été surpris de nous voir manger sur la même table, emprunter le même minibus, résider dans le même hôtel au Ghana… » Tout va bien, merci. Allez les Lions…
MONDA BAKOA