Paul Biya a 30 potentiels successeurs

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Le souhait de bon anniversaire au président de la République Paul Biya est particulier. Dans sa première livraison du 14 février dernier, Idées et débats, le supplément opinion de re-création, fait dans l’air du temps. Le 13 février, Paul Biya a eu 75 ans. Cet anniversaire coïncide avec le débat sur la révision de la Constitution pour lever la limitation des mandats présidentiels. Le supplément opinion concilie les deux événements à la une. Entre deux fragments de photos de Paul Biya, l’on lit en surtitre : “ Bon anniversaire M. le président ! ” Avec en titre : “ voici 30 Camerounais qui peuvent vous succéder ”.
Évoquant la “ perspective 2011 ”, ce nouveau né écrit : “ Contrairement à l’idée répandue selon laquelle le choix du successeur de l’actuel président de la République sera difficile, il existe un nombre important de Camerounais qui disposent d’outils suffisants à même de les aider dans l’assumation de la fonction suprême. En voici quelques uns ”. Le journal demande à ses lecteurs de “ réagir ” pour se prononcer sur le potentiel successeur de Paul Biya qui vient de fêter ses 75 ans.
Le supplément opinion dresse alors le profil de “ ses ” présidentiables. L’on y retrouve des hauts commis de l’Etat ayant occupé ou occupant des postes importants dans l’administration ou dans le gouvernement. Dans cette catégorie, l’on a : Peter Mafany Musonge, Inoni Ephraïm, Joseph Owona, Edouard Akame Mfoumou, Amadou Ali, Roger Tchoungui, Njoh Mouelle, Laurent Esso, Marafa Hamidou Yaya, Sali Daïrou, Tsimi Evouna, Louis Paul Motaze, Dorothy Njeuma, Roger Melingui, Hamadjoda Adjoudji et Jean Baptiste Baskouda. L’autre catégorie des présidentiables se compose des personnalités occupant divers postes de responsabilités dans certains partis politiques : Adamou Ndam Njoya, René Sadi et Garga Haman Adji. Dans cette liste des présidentiables, la société civile est représentée par Me Akeré Muna et Bernard Njonga, alors que l’Église catholique est présidentiable par le cardinal Christian Tumi. Les chefs d’entreprises ne sont pas oubliés : Charles Metouck, André Siaka et Paul Fokam Kamogne sont des potentiels présidents de la Républiques selon ce journal. Les intellectuels purs et durs et les hommes de culture pourraient aussi occuper le siège présidentiel, Célestin Monga et Basseck Ba Kobhio figurant dans cette liste. Issa Hayatou dispose aussi d’atouts présidentiels. Ibrahim Mbombo Njoya est déjà sultan ; il aurait aussi la capacité de diriger un Etat. La curtiosité de cette liste est d’avoir révélé un homme jusque là inconnu du grand public : le nom Kadry Yaya n’évoque aucun souvenir pour bon nombre de Camerounais. Pourtant selon le journal il “ bénéficie d’une expérience certaine dans la gestion des hommes ”.
Le tabloïd de 16 pages en bichromie fait la part belle aux débats. L’on y retrouve : la retranscription d’une édition de Zap’presse diffusée sur Radio Siantou à Yaoundé, une interview de René Sadi puisée dans Cameroon tribune, un forum sur la problématique de la retraite des vieux au sein des Lions indomptables du football, une tribune de Patrice Nganang qui est une lettre adressée au président de la République…
Ce supplément, consacré à l’opinion, aurait gagné en précisant sa position par un éditorial dans sa première livraison. Il aurait aussi été plus gai de préciser les pages des articles annoncés à la une. Il faudrait aussi bien vérifier l’orthographe de certains noms propres : Marafat ou Marafa ?
 

Par Christian LANG
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