La marche du Sdf étouffée dans l’œuf

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Répression : La marche du Sdf étouffée dans l’œuf
La forte présence des gendarmes et des policiers a dissuadé les organisateurs de la manifestation.

Dès 14 heures samedi dernier, des militants du Social Democratic Front (Sdf), gardaient profil bas, entre les maisons situées au rond point Madagascar. En dessous des tenues officielles qu’ils arboraient, des t-shirts aux couleurs du parti de Ni John Fru Ndi étaient dissimulés. Les mouvements et les gestes desdits militants, étaient suivis de près par des dizaines d’éléments des forces spéciales dissimulés parmi les passants. Plus visibles, des officiers et sous-officiers de la gendarmerie armés jusqu’aux dents maintenaient la garde, par anticipation. La marche du Sdf déclarée à la sous-préfecture de Douala 3ème le 18 février dernier, grâce aux bons soins du président provincial de ce parti pour le Littoral, Jean Michel Nintcheu, était alors hypothétique. " Nous sommes en réunion de stratégie. Nous allons prendre d’assaut le carrefour, à tout moment ", répond au téléphone un cadre du Sdf en charge de la communication.

Le temps court, et les manifestants tardent à se pointer au départ du mouvement. Puis, à la surprise générale, autour de 18h05, Jean Michel Nintcheu, député du Sdf dans la circonscription de Wouri-Est, fait son apparition au carrefour Madagascar sous le regard passif des gendarmes.
A la foule de journalistes qui l’écoutent, il annonce que la manifestation programmée par ses soins à cet endroit pour protester contre la modification de la constitution, est annulée. " Nous irons voir le gouverneur de la province du Littoral pour lui demander de lever l’interdiction des manifestations publiques à Douala et nous reprogrammerons notre marche plus tard ", déclare-t-il. Les gens des médias et les badauds accourus pour vivre l’événement en direct peuvent maintenant quitter les lieux. Jean Michel Nintcheu et ses lieutenants reprennent le chemin qu’ils ont emprunté à l’aller, vers la gare routière de Brazzaville. Sur ce chemin d’ailleurs, ils organisent ce qu’ils ont baptisé, " une marche symbolique ". Elle dure juste quelques minutes.
Pourquoi la marche du Sdf a-t-elle été annulée donc, à la dernière minute ? La réponse ne vient pas des intéressés eux-mêmes.

Encore que, selon les témoignages de certains militants de ce parti, toutes les conditions étaient réunies pour que la marche se déroule effectivement. Certains cadres du Sdf parlent tantôt de divergences, tantôt des menaces de répression pour expliquer le rendez-vous manqué. " Nous avons été informés par un haut responsable de la gendarmerie que le déluge allait s’abattre sur nous si jamais on tentait de lancer notre mouvement ", a confié à Mutations l’un des organisateurs de la manifestation. Effectivement, des officiers de gendarmerie abordés sur place par le reporter de Mutations, ont confié que la mission des forces de l’ordre était claire : laisser se tenir toute réunion en salle, mais embarquer sans sommation toute personne qui tenterait de marcher. Il faudra peut-être attendre la rencontre, en milieu de semaine, entre Jean Michel Nintcheu et le gouverneur de la province du Littoral, pour savoir si l’exécutif provincial du Sdf Littoral, va appeler à nouveau les militants dans la rue.
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