La classe politique se prononce

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Situation sociale :
A la suite des événements malheureux du week-end dernier et ceux d’hier des leaders et cadres de partis s’expriment.
Propos recueillis par Jean Francis Belibi

Mme Elisabeth Tamanjong (secrétaire général du Social democratic front (Sdf))
Le gouvernement n’a pas tiré les leçons du Kenya

Nous ne comprenons pas aujourd’hui la réaction du gouvernement. Nous croyions être dans un processus démocratique où les différentes opinions doivent s’exprimer. Nous assistons à des réactions disproportionnées des forces de l’ordre face à des gens qui veulent manifester de façon pacifique.
Quand il s’agit du Rdpc, nous n’assistons pas à une telle mobilisation des forces de l’ordre. Au Social democratic front, nous condamnons fermement l’utilisation de la violence qui a aboutit à la mort de deux citoyens camerounais à Douala, suite à des tirs des éléments des forces de l’ordre. C’est inadmissible qu’ailleurs, les forces de l’ordre utilisent du gaz lacrymogène et de l’eau dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre, et que chez nous, l’on fait usage de balles réelles… Les Camerounais ont le droit de dire leur ras le bol de la situation difficile qu’ils vivent aujourd’hui avec les prix des différents produits qui augmentent, et surtout du carburant, alors que leurs revenus sont restés les mêmes… C’est dommage que le gouvernement camerounais ne tire pas les enseignements de ce qui vient de se passer au Kenya pour essayer de mieux faire chez nous.



Me Bernard Acho Muna, président de l’Alliance des forces progressistes (Afp)
La vie au Cameroun est difficile

Au niveau de l’Afp, nous déplorons et regrettons que des Camerounais aient trouvé la mort dans ces mouvements, juste parce qu’ils ont voulu exprimer leur opinion sur une question qui concerne la vie de leur pays.
Nous sommes d’autant plus tristes que cette situation se produit dans un pays que l’on dit être une démocratie avancée. Nous ne pensons que le Rdpc qui se dit majoritaire a quoi que ce soit à perdre dans la révision de la constitution dans une Assemblée nationale où on le dit majoritaire. Si le Rdpc laisse toutes les couches sociales exprimer leurs opinions, nous ne sommes pas sûrs que nous arriverons à ces dérapages, et de cette façon, ils pourront faire passer leur caravane de révision de la constitution sans problème… C’est triste ce qui arrive aujourd’hui, avec ces morts de personnes innocentes… En tant qu’homme politique, j’ai trouvé inopportune, cette hausse des prix de carburant au moment où le climat politique est dominé par ce débat sur la modification de la constitution… Je ne sais sur quelle base ces gens ont pris leur décision, mais ils auraient dû regarder l’environnement autour d’eux. J’en appelle au président de la République pour une intervention de sa part dans la résolution de la crise actuelle, pour que ses représentants sur le terrain, les préfets et les gouverneurs, arrêtent d’interdire les manifestations et les réunions. S’il aime ce pays comme il le dit, c’est une décision que le président de la République peut prendre pour que les zélés du Rdpc ne conduisent pas le Cameroun à une guerre civile… La vie au Cameroun est devenue difficile, et j’ai pu m’en rendre compte en descendant personnellement dans un marché. Mais je crois que tout cela est lié au transport, donc au coût du carburant dont je trouve encore la hausse injustifiée.



Daniel Mbock Mbegde, président de l’Union socialiste pour le progrès (Usp)
Le débat a été déplacé

…Nous déplorons tout ce qui passe à Douala depuis samedi dernier et dans toutes les autres villes du Cameroun et qui entraîne la de citoyens camerounais… Mais je reviens sur la constitution parce que ce n’est pas elle qui intéresse le peuple camerounais. Ce qui intéresse le peuple camerounais aujourd’hui, c’est que ceux qui président à ses destinées puissent créer des conditions de vie favorables à l’épanouissement du peuple camerounais. Il faut que nous soyons clair là-dessus. Mais nous constatons que l’on est en train de déplacer le débat. Entre réviser la constitution et mettre en place des conditions qui font rêver les Camerounais pour un meilleur vivre, il a besoin de mieux vivre…






Anicet Ekanè, président du Manidem
Qui sème le vent récolte la tempête

Ce que je peux dire d’emblée, c’est que quand on sème le vent, on récolte la tempête. En réalité, ce qui nous avions prévu est en train de se dérouler. Nous avons à faire à un pouvoir qui est dans le désarroi face à des gens qui ne se reconnaissent plus en lui. On est face à un peuple qui n’a plus de boussole. On peut déplorer les scènes de pillage auxquelles on a assisté à Douala depuis le début de ces manifestations. Il s’agit de situations incontrôlées au cours desquelles certains en profitent pour mettre le chaos. C’est une situation déplorable qu’il est difficile de prévoir… On a eu à faire à des forces du maintien de l’ordre qui ont fait un sale boulot. Les informations dont nous disposons concordent sur le fait que ces gens ont tiré sans raison sur des personnes innocentes, car rien ne justifiait qu’ils tirent à balles réelles sur des gens qui n’étaient pas plus dangereux que les autres… Les Camerounais et principalement les jeunes expriment leur ras le bol. Ils ne se reconnaissent plus dans ce pouvoir…
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