Joseph Mboui ignore les morts des émeutes

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Assemblée nationale :

A l’ouverture de la session, le doyen d’âge a soigneusement évité d’évoquer les évènements du mois dernier.
JFB

Le contraste était saisissant entre l’ambiance lourde autour de l’hémicycle de Ngoa Ekellé, sous très forte protection policière et le discours d’ouverture de la première session parlementaire pour l’année législative 2008 prononcé par le nouveau doyen d’âge de l’institution, le député Rdpc de la Sanaga Maritime Joseph Mboui. Si l’ambiance observée au moment où l’on faisait son arrivée sur les lieux venait rappeler à ceux qui l’auraient peut être déjà oublié que le Cameroun vient de traverser des moments difficiles, nulle trace de ces événements dans la volumineuse allocution prononcée par celui à qui il revient désormais la charge, selon les dispositions du règlement intérieur de la Chambre de conduire les travaux jusqu’à la mise sur pied d’un bureau définitif. Ce qui, au regard du programme déroulé, devrait intervenir jeudi 20 mars 2008. Tout au plus, Joseph Mboui a-t-il évoqué " un contexte international difficile ", avant de parler de ces "turbulences sociopolitiques qui secouent notre continent et les soubresauts qui n’épargnent pas notre sous région d’Afrique centrale, ces troubles qui guettent de plus en plus notre pays, constituent la preuve que la paix et la stabilité sont une quête permanente…"

Le doyen d’âge de l’Assemblée nationale a néanmoins fait allusion au "contexte national marqué par le débat sur l’initiative de révision de la constitution et les consultations en vue de la mise en place effective de Elections Cameroon…". Ce qui a fait dire à Hermine Patricia Ndam Njoya, élue Udc du Noun que "Nous avons perçu à travers les propos du Doyen d’âge que cette session n’est pas ordinaire…", d’où son étonnement "après tout ce que le Cameroun a connu, par rapport à tout ce que la sous région a connu et par rapport au fait que nous avons perdu cette paix et cette stabilité qui nous sont si chers". Elle qui appelle à une prise de responsabilités de l’Assemblée nationale sur un certain nombre d’événements qui ont encore court en rapport avec la crise qui a traversé le Cameroun. Elle évoque dans ce cadre, "les arrestations de personnes et les procès qui se poursuivent…".
Sur l’agenda des travaux qui ont commencé hier, c’est l’expectative la plus complète. En dehors de l’élection du bureau définitif de l’Assemblée

nationale, difficile pour les députés de dire quoi que ce soit sur le menu des travaux qui vont suivre. A l’Union démocratique du Cameroun (Udc), l’on se fait plutôt défaitiste "Nous attendons. Vous avez bien vu qu’aujourd’hui, l’ordre du jour a été développé. Nous attendons de voir ce qui a été cuisiné, si toutefois, la cuisine a déjà été faite…", lance Patricia Ndam Njoya. Pourtant, il apparaît de plus en plus qu’en raison des mesures prises il y a une semaine par le chef de l’Etat relatives à l’augmentation des salaires des agents du secteur public, des ajustements doivent être apportées au budget adopté en décembre dernier. Le texte doit donc être à nouveau soumis à l’examen de la Commission des finances de l’institution. Ce qui fait dire à Cyprian Awudu Mbaya du Sdf que "l’on n’en serait pas là si le Gouvernement avait pris en compte les propositions faites par le Sdf lors de la session de novembre 2007 sur les disponibilités financières qui permettaient que l’on revoit les salaires des agents de l’Etat".
Les spéculations vont également bon train sur le dépôt devant la Chambre du projet de loi portant modification de la loi fondamentale.
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