Tsimi Evouna sème la désolation à Ekounou

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Les engins de la Communauté urbaine de Yaoundé ont encore rasé des maisons hier en matinée.

L’axe reliant le Stade Abega au carrefour Ekounou ne différait en rien de l’Etat de Floride aux Etats-Unis après le passage de Katrina hier, 19 mars 2008. La Communauté urbaine de Yaoundé y a engagé hier en matinée l’opération de déguerpissement en vue de l’agrandissement de cet axe routier qui dessert la province de l’Est ainsi que la Centrafrique et le Tchad voisins. Les bâtiments en bordure de route en piteux état ou empiétant sur la chaussée ont ainsi été détruits. L’opération a par conséquent donné lieu à un arrêt ou changement d’activités.
En lieu et place des cris habituels des commerçants, on entend les coups de marteau sur les débris de planche et de parpaings. Les propriétaires veulent récupérer ce qui peut l’être : des morceaux de planche pour le bois de chauffe, des tôles pour des travaux de reconstruction. Ceux dont les bâtiments ont été épargnés s’apprêtent à renouveler la peinture de leurs murs. Sur quelques uns, viennent d’être apposées des croix de St André accompagnées de la mention “ dans 48 heures ” ; le Délégué du gouvernement aurait demandé que l’on accorde un sursis aux maisons en matériaux définitifs. Certains disent n’avoir pas été avisés et se posent des tas de questions : “ Quelles distances doit-on respecter ? Y a-t-il un style de construction qui est exigé ? ” s’interroge un quinquagénaire, autochtone du quartier. Avant de souligner que personne n’en a été épargné : “ Mme Abega [l’épouse du maire de Yaoundé IV, ndlr] a subi le même sort ”.
Les revendeuses, par peur de recevoir un bout de planche sur la tête, ont investi la cour de la boulangerie située en face de leurs étals. Elles ont plus d’une fois eu vent du déguerpissement de la place qu’elles occupent en ce moment : “ Nous ne pouvons pas faire le bras de fer avec le gouvernement mais qu’on nous montre où vendre. Bientôt, on viendra nous déguerpir de la même manière. On a déjà commencé à nous orienter vers la cour du chef du quartier moyennant 30 000 Fcfa pour payer la place ”, déclare, anxieuse, une jeune femme.
 

Par Célestin OBAMA (Stagiaire)
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