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Joseph Banadzem,
président du groupe parlementaire Sdf

Notre position est que le Sdf reste opposé à la modification de la Constitution de 1996, car ce document n’a jamais été appliqué. On ne peut donc pas réviser ce qui n’a pas été appliqué. Il y a des clauses, notamment celles sur la mise en place des nouvelles institutions. La constitution de 1996 est le fruit d’un consensus parce qu’elle est intervenue à un moment où notre pays traversait une crise… Nous constatons malheureusement que le projet soumis à l’attention de l’Assemblée nationale fait la part belle à un individu ou à des individus. Ce qui à notre avis constitue un recul dans la pratique démocratique L’autre disposition qui pose problème, est cette immunité que l’on veut accorder au président de la République… Vous constatez que les concepteurs de ce projet de révision de la constitution n’avaient que ces deux aspects à leur programme.

Dieudonné Ambassa Zang,
député Rdpc de la Mefou et Afamba

En tant qu’élu du Rdpc, je me reconnais tout à fait dans cette initiative, dans ce projet. C’est lors de la célébration du 25ème anniversaire de l’accession au pouvoir du président Paul Biya le 6 novembre 2007, que nous militants du Rdpc avons commencé à faire entendre notre voix à la suite de son interview sur France 24 pour souhaiter qu’il y ait cette révision constitutionnelle de manière à ne pas exposer le Cameroun à un certain nombre de désordre et d’appétit qui pourraient mettre notre pays en péril. Le projet est la réponse du Président de la République à ses camarades du parti comble mes attentes. Il a été question de ne pas s’intéresser uniquement à un seul point à savoir l’article 6 alinéa 2, et comme vous pouvez le constater dans le projet, sous réserve des amendements qu’il pourra connaître au niveau de la Commission des lois constitutionnelles ou de la plénière d’adoption, s’intéresse à plusieurs autres articles. Nous avons ce problème de la protection des anciens présidents, nous avons un débat sur le mandat des membres du Conseil constitutionnel. Il y a d’autres aspects importants comme celui qui traite du Sénat qui est une institution importante du parlement chez nous… Le texte vise à apporter un certain nombre de réponses par rapport à des préoccupations qui sont prioritaires au rang desquelles l’organisation des élections en cas de vacance à la tête de l’Etat… la constitution n’est pas un texte ni varietur, c’est un processus dynamique. On peut faire cette révision aujourd’hui concernant un certain nombre d’articles limités. Au fil des jours, on verrait des dispositions qui nécessiteraient des amendements…

Saidou Maïdadi Yaya,
secrétaire général de l’Alliance des forces progressistes (Afp)

Le projet de modification, comme prévu et comme pressenti, a été déposé à l’Assemblée nationale. Rien ne peut plus arrêter son adoption. Parce que Paul Biya est quelqu’un d’obstiné. Parce que nos députés ne sont pas à la hauteur de la mission que le peuple leur a confiée. Ils vont voter ce texte sachant pertinemment que le peuple y est farouchement opposé mais ils vont le faire pour sauvegarder leurs positions. Malheureusement, l’adoption de ce texte ne va ni sauver Paul Biya, ni le Rdpc encore moins la paix dans notre pays. Parce que les problèmes d’aujourd’hui sont tout simplement reportés à une date ultérieure.
Pour toutes ces raisons occultes, la modification de notre loi fondamentale, il faut le marteler, n’était ni opportune ni pertinente. Elle est totalement inutile parce que la Constitution de 1996 n’était pas entièrement mise en place d’une part et elle prévoyait d’autre part, un mécanisme d’alternance pacifique à la tête de l’Etat. Une bonne Constitution ne peut être le fruit que d’une volonté politique forte, ce qui manque visiblement au régime du Rdpc qui a passé son temps à piller notre pays et qui, après le redémarrage de l’opération épervier, s’ingénue à sauver les meubles. Pour cela, il est prêt à tout donner à Paul Biya y compris vendre à vil prix le peuple.
L’Afp constate que cette forfaiture a été rendue possible par la complicité de toute la classe politique. Notamment l’opposition la plus en vue. S’il est normal qu’elle vienne des partis de la majorité présidentielle, elle est totalement incompréhensible, venant de ceux qui ont toujours voulu se démarquer comme de l’opposition véritable.
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