Aménagement urbain :
Les commerçants disent n’avoir pas été avertis par la Communauté urbaine de Douala.
Monique Ngo Mayag (Stagiaire)
Dans la nuit de mardi à mercredi dernier, les agents de la Communauté urbaine de Douala (Cud) semblent avoir pris tout le monde de court. Ils ont nuitamment organisé un "ramassage" de tous les comptoirs qui obstruaient la chaussée à l’entrée du marché. Au grand dam des propriétaires de ces étals. L’Association des commerçants dynamiques du marché Mboppi (Ascodym), qui compte une centaine de membres, en est particulièrement victime. "C’est un groupe dont le poids social n’est pas à négliger dans les décisions qui concernent l’avenir de leur marché", indique Mme Alice Maguedjio, la secrétaire générale du marché de Mboppi. Laquelle signifie son mécontentement par rapport à cette situation qui a paralysé une bonne partie des activités depuis lors. Le déguerpissement concerne en effet les commerçants installés aux abords de la chaussée qui relie les carrefours Agip et le quartier Camp Yabassi. Les agents de la Cud ont notamment emporté des conteneurs après les avoir vidés de leurs marchandises.
"Nous ne sommes pas contre la campagne de salubrité initiée par la Cud. Mais nous étions en pourparlers avec les responsables de cette institution pour que l’aspect social ne soit pas négligé dans les mesures portant libération des drains et des trottoirs du marché Mboppi", clame Mme Maguedjio. Dans une lettre adressée au 4ème adjoint au délégué du gouvernement chargé des négociations, un certain nombre de propositions ont été faites par le bureau du marché. Il s’agissait notamment du recasement des commerçants après une éventuelle casse. Ici, les commerçants concernés semblent eux-mêmes conscients des problèmes qu’ils causent, c’est pourquoi ils ont dit être prêts à libérer les trottoirs et à contribuer financièrement à la construction de vrais drains.
"Pourvu qu’à la fin des travaux, qu’ils soient autorisés à les réoccuper. Mais cette fois là, en se servant des coffrets mobiles, de manière à pouvoir les déplacer pour les besoins de curage de ces drains", la SG du marché. Pour ce qui est des trottoirs, les commerçants ont par ailleurs pris la résolution de réfectionner et d’embellir leur point de vente, "selon le modèle qui conviendra à monsieur le délégué", ajoute-t-elle.
Selon ce qui ressort de cette lettre, il s’agit également de sensibiliser toutes les parties concernées par la bonne gestion de l’espace du marché. "Car certains administrateurs du marché s’emploient à favoriser les insertions de nouveaux coffrets moyennant finances".
Cet exposé a été proposé le 27 juin 2007. Entre temps, aucune réponse n’est parvenue au bureau du marché central. C’est donc avec étonnement que la nouvelle d’une casse imminente a été entendue. "J’ai même rassuré les commerçants inquiets en leur signifiant qu’il n’en était rien, puisque ni moi, ni le régisseur ou la police du marché n’avons reçu mot de la part de la Cud", martèle Mme Maguedjio. D’après ses propos, elle aurait passé des heures, assise devant les bureaux du délégué pour lui proposer de prolonger le délai de déguerpissement. "Afin de permettre aux vendeurs de protéger leurs marchandises. Malheureusement, l’heure n’était plus à la négociation, la casse avait déjà commencé à mon insu", déplore-t-elle. De source proche de la Cud, une autre casse est d’ailleurs annoncée pour bientôt au marché Mboppi.