Modernisation de Yaoundé :
Au cours d’un point de presse hier à Yaoundé,le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine a annoncé davantage d’actions en 2009.
«Il faut que les habitants de Yaoundé se préparent. On ne peut pas faire les omelettes sans casser les œufs ». Gilbert Tsimi Evouna, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé annonce la couleur. Hier, dans son cabinet, « l’homme sec » a fait le tour des chantiers, a enjambé la poussière de l’axe d’Olezoa en construction, scruté les chambres du camp Sic Tsinga dont les locataires viennent d’être délogés, sans oublier de descendre dans les bas-fonds de Ntaba où plusieurs familles ont été priées d’aller voir ailleurs. Tsimi Evouna s’est voulu franc sur les chantiers. La langue de bois n’est pas son affaire. « Je suis rigoureux envers moi-même, et je sais manier la carotte et le bâton », déclare-t-il. Point par point, ce qu’il faut retenir de cet entretien.
Sur les démolitions D’emblée, Tsimi Evouna précise : «Pour bâtir, il faut passer par des démolitions. Je démolis pour construire. » Pour ce qui est du camp Sic Tsinga, «on va démolir ». Tout en montrant la maquette des futurs logements, il précise : « Au moins 280 logements vont être construits. On a déjà tout élaboré avec les partenaires. On va tenir compte de la capacité des appartements. Ils seront plus grands. Des appartements d’un standing particulier seront construits. Des aires de restauration, de même que des parkings vont être aménagés. » A Ntaba, les maisons qui sont construites vont être détruites. Il s’agit même pour Tsimi Evouna, d’un site approprié à « la plantation d’arbres». « Ça peut même devenir un parc », ajoute-t-il. Derrière la radio, il y a un joyau qui est aménagé. Il faudra casser les gens à la Briqueterie, parce que le palais des Sports va accueillir des gens venus du monde. Nous avons ouvert les voies de circulation. C’est notre part du travail, et nous comptons la réaliser. »
Sur les chantiers « Je suis contre les saupoudrages. Qu’on dise qu’on va construire une capitale, et on y met des moyens. Yaoundé doit être une capitale moderne. C’est pour cela qu’il y a autant de chantiers. Cela passe par des sacrifices. A Olezoa, on aurait pu commencer à Prestige hôtel, mais faute de moyens, nous avons dû commencer à la Texaco. « Mvog-Ada, Mvog-Mbi, Mvog-Atangana Mballa, et son marché doivent s’attendre à nous voir passer. On ne peut pas laisser tout cela comme ça. » déclare Tsimi Evouna. Et d’ajouter : « Beaucoup d’erreurs ont été commises. Quand je prenais le service en 1988 à la Communauté urbaine, j’avais dit qu’à Mbankolo, ce n’était pas bon, que des gens ne doivent pas aménager là-bas. Je n’ai pas été compris. 20 ans après, j’ai été obligé de chasser les gens. » A l’ex-gare routière de Mbalmayo, des aménagements vont être faits pour recaser les gens
Sur le centre ville « J’ai commencé certains aménagements. Là où il y a à casser, je casse. A la montée Ane rouge, tout a changé. Nous pouvons être tous malades, mais la gravité ne peut pas être la même. Il faut commencer par celui qui risque de mourir dans une heure. Les casses vont se poursuivre. Yaoundé, c’est la ville de tous les Camerounais. Ils doivent avoir une capitale dont ils sont fiers. » Pour Tsimi Evouna, au Boulevard du 20 mai, il y a encore des gens qui construisent n’importe comment. « Les tribunes vont partir, puisqu’il faut relier le Boulevard du 20 mai avec l’avenue Amadou Ahidjo par une voie digne de ce nom. » Où se tiendront alors les défilés ? Secret.
Sur le volet social « Chacun a ses responsabilités. Sur le plan social, j’aide beaucoup les gens. J’ai un cœur qui aspire à la sainteté. Mais devant certaines situations, il n’y a pas d’alternative. On ne va pas me demander d’aller aussi soigner les malades dans les hôpitaux, ou les fous qui sont dans les rues. J’ai une mission, et des priorités. Il y a forcément des problèmes qui vont se poser. A un moment, il faut savoir soi-même se faire du mal. Je sais ce que ressentent les populations. Mais il faut que vous m’aidiez à les sensibiliser. »
Sur ses objectifs « Que l’on comprenne qu’on ne vise pas un type donné de citoyen ou de tribu. Le chef de l’Etat m’a confié une mission que je dois accomplir. Il a placé son 2e septennat sous le signe des grandes ambitions. Il faut qu’en fin 2010 je lui présente ma part de réalisations. En 2009, je vais encore mettre le pied sur l’accélérateur. Paris actuel doit son visage à Haussmann. Il avait essuyé toutes les critiques. Je ne suis peut-être pas le Haussmann de Yaoundé, mais tout ce que je fais, c’est dans l’intérêt de la capitale. Il faut que nos enfants soient fiers de vivre dans leur capitale et disent qu’il y a quelque chose qui a été fait pour eux. Moi, je ne suis rien, puisqu’il suffit d’un coup de vent, et je ne suis plus là. Mais pour l’instant, je dois prendre mes responsabilités. »
Alain TCHAKOUNTE