Un homme tué par des gendarmes à Zoétélé

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Hier la famille de Georges Bilomba, mort après avoir été tabassé, a décidé de l'enterrer dans la cour de la brigade de cette localité.
Vincent Eboundane, correspondance particulière à Zoétélé

Les autorités de Zoétélé ont dû intervenir pour contenir la foule qui voulait hier passer à l'acte : enterrer Georges Bilomba dans la cour de la brigade de gendarmerie. L'affaire a débuté le dimanche 10 août dernier, après un match de football comptant pour les huitièmes de finale du tournoi organisé par l'Association des chefs traditionnels de l'arrondissement de Zoétélé (Actaz). Match qui opposait le village Messam à Nkolkass et qui s'est soldé par la victoire des fils de Messam sur un score étriqué de 2 buts contre 1.

D'après une source qui a requis l'anonymat, à la fin de cette rencontre, d'après notre source, le jeune homme serait monté à bord de l'un des deux véhicules mis à la disposition des joueurs et supporters de Messam à la fin de chaque rencontre. Après avoir parcouru près d'un kilomètre, la voiture dans laquelle se trouvait Georges a été interpellée par les éléments de la brigade de gendarmerie. C'est alors qu'un gendarme aurait demandé à tous ceux qui se trouvaient à bord de cette voiture de descendre, avant d'intimer le même ordre à ceux qui se trouvaient dans la cabine.
Selon notre source qui se trouvait à bord de la voiture, le commandant de brigade qui se trouvait à l'instant même à un jet de pierre de l'endroit où les passagers du pick-up ont été interpellés a renchéri en demandant aux jeunes de se soumettre à ce simple contrôle de routine. Chose que Georges a trouvé injuste. Les gendarmes vont le rouer de coups de poing.

Bébé
Après cette bastonnade, ils l'ont conduit en cellule. Le lendemain et plus précisément le lundi 11 août 2008, d'après une source proche de la brigade, Georges a été conduit à l'hôpital de district de Zoétélé où il a été rejeté par le médecin chef qui aurait estimé être incapable d'administrer un quelconque soin à une personne dont les côtes sont brisées parce que l'hôpital ne dispose pas d'appareil approprié. Le commandant de la brigade de gendarmerie de Zoétélé demande qu'on le transporte à l'hôpital de Metet. Ici aussi, le patient a été refoulé. Ce n'est que dans l'après midi qu'il a été conduit à l'hôpital Central de Yaoundé, où il a finalement rendu l'âme le 13 août dernier.

Immédiatement, les stagiaires de la gendarmerie qui étaient à Zoétélé seront renvoyés à la compagnie de gendarmerie de Sangmélima. N'eut été l'intervention d'une élite du coin, les populations furieuses auraient mis le feu à la brigade de Zoétélé. Mais la tension n'est pas pour autant retombée. La famille du défunt a décidé hier, lundi 1er septembre 2008, de creuser une tombe dans la cour de la brigade de Zoétélé pour y enterrer leur fils. Le corps ayant été gardé à la morgue de l'hôpital de district de Mbalmayo. Le défunt laisse une femme et un bébé qui est né le 15 août 2008, c'est à dire deux jours après sa mort.
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