En quelques années, le secteur a généré plusieurs conflits, dont l’affaire Digicom-Crtv sur le match France –Cameroun.
Le 4 octobre 2000, au stade de France, l’équipe nationale de France, championne du monde et d’Europe, rencontre, en match amical, les Lions Indomptables du Cameroun, champions d’Afrique et médaillés d’or des Jeux Olympiques de Sydney. Le match charrie des passions dans les rangs des supporters. La chaîne Tv Max, basée à Douala, acquiert les droits de retransmission du match. Elle ne peut malheureusement pas diffuser dans l’ensemble du pays. La Crtv, sous la pression gouvernementale, décide d’acquérir les droits auprès de l’opérateur privé. Le contrat stipule que la Crtv diffuse le signal émis de Tv Max. A l’heure du match, c’est le signal de Canal Horizons qui est diffusé par la télévision publique.
La direction de Tv Max estime qu’elle a été victime d’une « attitude particulièrement méprisante ». La presse à capitaux privés se saisit de l’affaire et tire à boulets rouges sur la Crtv. Les avocats des deux camps vont s’investir à mettre en œuvre divers arguments juridiques. Le verdict ne satisfait pas les attentes de tous. Mais, c’est de cette manière que la question des droits télé intègre le paysage audiovisuel camerounais. Avant cette affaire, le principal diffuseur national fixait les règles. Pour la retransmission du match d’ouverture du championnat de football ou l’ascension du Mont Cameroun, les organisateurs de ces manifestations sportives versaient d’importants frais de production à la Crtv.
Yves Mba