Patrice Samen : Nous n'avons aucun moyen de pression

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Le président d'un syndicat des conducteurs propose des solutions au problème d'insalubrité dans les transports.
Propos recueillis par J. R. S. (Stagiaire)

Nous ne pouvons pas accepter que se soit
Existe-t-il des règles qui obligent les chauffeurs de taxi à offrir des services propres aux usagers ?

Nous avons un code de conduite pour tous les conducteurs de taxi. Ce code dit qu'un conducteur de taxi doit être propre et son taxi aussi car c'est son lieu de travail. Il doit bien laver son véhicule, le maintenir propre. Il y a aussi certaines interdictions : pas de conduite en culotte, en " sans confiance " (babouches, Ndlr) ou en sous-vêtements.

Qu'est qui selon vous les pousse à ne pas respecter ce code de conduite et ces interdictions ?
Tant qu'il n'y a pas de contrôle ils le feront. Certains taximen lavent leurs véhicules deux fois par jour. D'autres par contre, quand vous empruntez leur taxi vous surprennent par leur saleté, on dirait des mécaniciens. On s'interroge s'il faut un système de tenues de travail. Il se pose également un problème de formation parce que certains entrent dans le métier par la petite porte en achetant des permis de conduire.

Qu'est ce qui est fait en cas de non respect des interdictions et du code de conduite des taximen ?
Le syndicat n'a aucun moyen de pression sur ces conducteurs comme on le voit sous d'autres cieux où les syndicats veillent avec l'onction des pouvoirs publics qui les aident à ramener les taximen à l'ordre. Nous, on n'a aucun moyen.

Qu'est ce que les syndicats envisagent cependant de faire pour remédier à cette situation d'insalubrité des taxis de la ville de Yaoundé ?
Nous aimerions que le ministère des Transports nous autorise à placer des surveillants dans les centres de visites techniques ; ceci pour qu'on attire l'attention sur les aspects liés au confort. Nous ne pouvons pas accepter que ce soit les concessionnaires qui procèdent à ces contrôles. Même pas les agents des transports. La corruption s'est implantée dans ces différents centres de visites techniques. Il y a par exemple un système où le chauffeur laisse de l'argent dans un tiroir pour celui qui effectue le contrôle. Celui-ci après avoir pris l'argent fausse les données c'est pour cela que vous rencontrez les véhicules qui méritent la casse mais qui ont eu un certificat de visite technique en bonne et due forme. Nous avons intérêt à sauvegarder l'image de notre profession étant donné qu'elle est indispensable.
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