Bakassi : Les " rebelles " attaquent à nouveau

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Le ministre camerounais de la Défense indique que l'armée camerounaise a pu repousser les assaillants.
Jean Francis Belibi

C'est l'émission hebdomadaire des forces armées camerounaises " Honneur et fidélité " qui a fait la révélation de cette nouvelle attaque de ce que Radio France internationale a appelé des "pirates " sur la côté camerounaise. A travers un communiqué de Remy Ze Meka, le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense qui annonçait cette nouvelle incursion sur le littoral camerounais. Une attaque survenue avant-hier samedi et qui a vu ces assaillants à bord de deux embarcations ouvrir le feu sur des soldats camerounais stationnés dans la zone de Bakassi, après avoir attaqué une embarcation de pêcheurs. Sur le bilan de ces attaques, si l'on s'accorde sur le fait qu'il y a eu quelques blessés du côté des forces armées camerounaises, le bilan côté assaillant diverge.

Deux morts selon une source jointe dans les services du ministère de la Défense à Yaoundé, et un mort selon d'autres sources. Avec à la clé, certains autres "pirates " tombés dans l'eau après l'attaque de leur embarcation par les forces de défenses camerounaises. La riposte des militaires camerounais a ainsi fait fuir les assaillants vers le Nigeria.
Une attaque revendiquée par des éléments du mouvement baptisé “Bakassi Freedom Fighters” qui, joint hier au téléphone par nos confrères de Rfi, demandent l’ouverture des négociations avec les autorités camerounaises sur le sort des populations vivant la presqu’île. Cette attaque intervient surtout mois de trois semaines après celle de Limbé qui avaient vu des individus jusqu'ici non identifiés attaquer quatre établissements bancaires de cette ville côtière et s'enfuir avec plus de deux cent (200) millions de francs Cfa.

Des attaques à répétition qui semblent donner raison au ministre de la Défense. Au cours d'une sortie à l'Assemblée nationale en juin dernier après une autre attaque de rebelles non encore identifiés qui avait coûté la vie à une dizaine de personnes côté camerounais dont le sous préfet de Kombo Abedimo Fonya Félix Morfaw. " Des informations concordantes font état de l'existence d'un groupe déterminé à s'opposer même par la force à la souveraineté de notre pays sur la presqu'île… " avait indiqué Remy Ze Meka qui avait par ailleurs ajouté que " Des groupes non identifiés qui exhortent les ressortissants nigérians à quitter la péninsule en prélude aux attaques d'envergure qu'ils seraient en train de planifier contre nos positions ".

Mais une attaque qui intervient surtout moins d'une semaine après la tenue à Yaoundé des 4èmes assises de la grande Commission mixte Cameroun Nigeria. Des travaux au cours desquels il a abondamment été question de sécurité transfrontalière entre les deux pays. Le ministre nigérian des Affaires étrangères Ojo Maduekwe a en effet plaidé, à l'ouverture des travaux, pour la création d'une commission conjointe de sécurité entre les deux pays. Celle-ci devrait procéder à la mise sur pied de patrouilles mixtes le long de la frontière commune, longue de près de 2000 kilomètres.

Le chef de la diplomatie nigériane n'avait pas manqué d'indiquer que cette mesure devrait en priorité permettre de contenir les rebelles du delta du Niger qui comme on le sait, sont opposés au régime d'Abuja et n'ont jamais caché leur hostilité à la rétrocession de Bakassi au Cameroun par les autorités nigérianes. Reste pour les autorités des deux pays à veiller à l'application des résolutions des assises de Yaoundé pour la sécurisation effective de la longue frontière que partagent le Nigeria et le Cameroun. Au regard de ce que cette résolution préoccupait déjà les deux pays au cours des travaux de la 3ème session de la Commission mixte tenue en 2002, il y lieu de craindre pour son entrée en application.
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