Vous avez récemment annoncé la tenue de la 9ème édition du Festi Bikutsi. Qu’est ce qu’il en est exactement cette année ?Le Festi Bikutsi 2007 aura lieu du 12 au 17 novembre prochain. Il se déroulera au même endroit que l’année dernière, c'est-à-dire au complexe Aes-Sonel d’Essos à Yaoundé. Nous comptons repartir avec quelques petits changements dans la programmation. Contrairement à l’année dernière, nous allons ajouter des formations et l’initiation des enfants à l’utilisation des instruments traditionnels comme le tam-tam, le mvet, le balafon, les percussions, etc. Nous allons également organiser une exposition de photos, notamment des images de scène du festival de l’année dernière.
Voilà autant d’éléments qui permettront au festival de montrer un nouveau visage. D’ailleurs, nous entrevoyons également la tenue d’une conférence sur l’apport des cabarets au développement du bikutsi. Pour finir, nous rendrons un hommage à un aîné aujourd’hui parti, et dont on s’est rendu compte qu’on n’a pas suffisamment célébré l’œuvre. Il s’agit du regretté Messi Martin, qui a inspiré bien de chanteur de bikutsi, et dont nous espérons proposer une compilation de ses meilleures composition.
Le Festi Bikutsi, comme la plupart des festivals organisés au Cameroun, ne draine pas toujours grand monde, malgré l’importance de son contenu. Quelles dispositions avez-vous prises cette année pour que cet événement connaisse un réel succès ?
Les festivals souffrent de ce que les organisations n’ont pas d’appui nécessaire pour pouvoir réunir tous les instruments nécessaires à leur réussite. Partout dans le monde, les festivals sont subventionnés, et pas au Cameroun. Il faut donc qu’on commence à y penser sérieusement. C’est le problème auquel nous nous confrontons généralement. Il y a également des problèmes de sponsoring. Par ailleurs, si la communication n’est pas bien assurée, il y a de fortes chances que la population n’adhère pas à 100%. C’est la raison pour laquelle nous y mettons un accent particulier. Dans la nouvelle structuration du festival, nous faisons des efforts pour éviter de terminer le rendez-vous à genoux.
Où en êtes-vous donc avec les préparatifs ?
Les préparatifs sont entamés depuis la fin de la dernière édition, qui était un succès si je m’en tiens aux échos relayés par la presse. Aujourd’hui, nous repartons avec les mêmes partenaires comme Achille Productions et la grande famille des médias camerounais. Avec ça, nous sommes certains d’avoir déjà un capital important. La conférence de presse que nous avons donnée le 06 septembre était ainsi un moment idéal pour faire le point sur tout ce que nous avons déjà entrepris pour l’édition 2007 du Festi Bikutsi.
Auriez-vous des vœux à formuler à l’endroit du nouveau ministre de la Culture, par rapport à ce délaissement que vous évoquez plus haut ?
Nous espérons que ce sera un ministre qui va rassembler et écouter aussi bien les opérateurs culturels que les artistes ; un ministre qui donnera une réelle force de frappe aux promoteurs culturels. Nous avons effectivement besoin d’être boostés, et cela passe par une restructuration en profondeur du fonctionnement du département ministériel en charge des questions culturelles. Pour la dynamisation du secteur de la culture, le nouveau ministre doit prendre un certain nombre d’initiatives. Il manque des infrastructures et des espaces pour la promotion de la culture. Nous espérons que la tutelle rendra l’environnement culturel plus vivable.