Investissements publics : Une exécution mitigée dans le Sud

Comments · 453 Views



De nombreux projets restent inachevés, selon une évaluation effectuée lundi à Ebolowa.
Guy Roger Mvondo

A quelques jours de l'arrêt des ordonnancements, le comité régional de suivi et d'exécution du bip a voulu s'enquérir de l'état d'avancement des projets sensés être réalisés au cours de l'exercice 2008 dans cette partie du pays. Cette réunion où entrepreneurs et ingénieurs de contrôle se sont copieusement tirés dessus, s'est achevée sur une note d'insatisfaction générale suite aux faibles taux d'exécution des projets annoncés. Les chiffres font état de 70% du taux d'exécution physique contre une exécution financière évaluée à 60% sur l'ensemble de la région. Ces chiffres rappelons-le, auront provoqué un vent d'inquiétude au sein du comité régional, obligé de dégager la part de responsabilité des uns et des autres afin de rendre compte à la hiérarchie en connaissance de cause.

Les ingénieurs de contrôle accusés de complaisance dans l'évaluation des projets seront les premiers à monter au créneau pour dénoncer les attributions fantaisistes des marchés aux entrepreneurs peu crédibles, par la commission de passation des marchés dirigée par Bernard Wongolo le gouverneur du sud, et l'absence de laboratoires pour évaluer les matériaux utilisés par les prestataires. Pour ces derniers, ces entrepreneurs qu'ils qualifient de charlatans, constituent un obstacle majeur à l'accomplissement de leur tâche sur le terrain en ce sens qu'ils n'ont pas de coudées franches sur eux. Conséquence, ils évoluent à leur rythme, exécutent mal les travaux et ne respectent jamais les délais d'exécution des projets. Les plus dangereux s'évaporent simplement dans la nature après avoir gagné les marchés. En guise de défense contre ces accusations, les entrepreneurs évoqueront les lourdeurs administratives, l'enclavement et l'hostilité des populations pour justifier leur "inertie".

Dans le souci de mettre un terme à cet imbroglio en attendant la prochaine réunion, un délai de 48 heures a été accordé aux absents et retardataires, en vue d'acheminer les fiches de données au comité régional qui pourrait dès lors, avoir une idée claire de l'exécution du Bip dans le sud cette année. Quoi qu'il en soit, cette mesure ne changera pas grand chose à la situation actuelle autant qu'elle ne sortira pas le sud du spectre des chantiers abandonnés, mal exécutés et inachevés dans lequel il se trouve plongé malgré l'épervier qui plane sur le ciel de la République.
Quand on sait qu'une enveloppe de près de neuf milliards a été allouée à la région du sud pour la réalisation de ces projets qui tiennet à coeur les populations de cette partie du pays, il ya lieu de demander des comptes aux auteurs et complices de cette maffia organisée qui participe de l'annihilation des efforts de développement de l'Etat. Les prochaines descentes des équipes du contrôle supérieur de l'Etat promettent bien des émules dans les rangs des gestionnaires du Bip qui devront absolument répondre de leurs actes devant le peuple.
Comments