Douala IVe : La police municipale accusée d’arnaque

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Les casses qui ont repris samedi dernier causent des grincements de dents.

Devant la maison de maman Winifred, à Bonabéri, au lieu dit Forêt bar, dans l’arrondissement de Douala IVe se trouvait jusqu’à hier, lundi 20 avril, un bâtiment indépendant comprenant huit pièces. Il n’en reste plus que des gravats.

Ce sont les pelles de la police municipale qui ont réduit ainsi ce bâtiment qui abritait des commerces. Les pièces alignées le long de la Nationale N° 5, nouvelle route, étaient sous location. «L’argent des loyers servait à payer la scolarité des enfants de ma grande sœur qui est en Europe avec son mari», confie Elsie Ndang, la fille de maman Winifred. Celle-ci s’est opposée en vain à la destruction de la bâtisse.

Veuve Ndang dit avoir pourtant épuisé tous les moyens afin que soit épargnée sa propriété. «La première fois, les agents de la police municipale sont venus mettre des bornes pour délimiter l’espace public ; la seconde fois, ils ont planté des jalons. Je leur ai donné 50.000 Fcfa pour leur vin. Ensuite, j’ai dépensé 40.000 Fcfa pour faire sectionner la partie débordante du toit. C’est sans compter l’argent de crédit que nous leur donnions chaque fois», fulmine la vieille. Tout à côté, le tenancier d’une boutique qui vend des téléphones et accessoires aurait subi la même arnaque. Quelques mètres plus loin, dans les parages de la gare ferroviaire de Bonabéri, les mêmes grincements de dents disent le dépit des populations. Sauf qu’ici, l’on reproche surtout aux casseurs de n’avoir pas épargné l’unique point de ravitaillement en eau potable qui faisait la fierté des habitants du coin, y compris le sous-préfet de Douala IVe. Une

vingtaine de petits commerces ont été détruits à cet endroit. Le «Carrefour de la joie Ndolo», un débit de boissons très connu, a aussi fait les frais des casses.

Les autorités de Douala justifient ces casses massives par le souci d’embellissement de la ville. Un espace vert comprenant des aires de jeu y sera aménagé. Joint au téléphone, le responsable de Metropolis, société  assurant la police municipale, Hervé Ambatta a fait savoir que les complaintes populaires sont «un subterfuge pour contourner la loi».

Théodore Tchopa

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