Le projet qui aura ses premiers financements la semaine prochaine va coûter près de 210 milliards de Fcfa.
C'est en principe le 10 mai prochain, en marge de l'assemblée générale annuelle de la Banque africaine de développement (Bad) que seront officiellement lancés les travaux du corridor Cameroun-Nigeria tel que recommandé lors de la session tripartite de la commission mixte Cameroun/Nigeria en janvier 2004 par le secrétaire général des Nations Unies d'alors, Koffi Annan. Selon Peter Sturmheit, le chargé des programmes à la représentation de la Bad à Abuja, c'est ce 10 mai que seront signés les accords de prêts de la Cedeao qui restaient attendus. Opération qui avait été préalablement annoncée pour mars 2009. Pour ce qui est du début effectif des travaux des deux côtés de la frontière, Peter Sturmheit les situe entre juillet et août 2009.
Ceci bien qu'il reconnaisse que "c'est en pleine saison de pluies et il est probable que les travaux démarrent vraiment à la fin de la saison des pluies."
Le projet financé par la Banque mondiale au Nigeria, la Banque africaine de développement, et la coopération japonaise au Cameroun, a également été ouvert à la Cedeao et la Cemac et coûtera environ 455 millions de dollars (près de 210 milliards de Fcfa). Les Etats du Cameroun et du Nigeria doivent apporter leur contribution financière pour la réalisation de ces travaux. Au-delà de la construction de la route Lagos-Enugu-Abakiliki-Mamfé-Mutengene-Bamanda, des services sociaux doivent également être mis sur pied le long du corridor. Ainsi, la construction des écoles, des marchés et la création d'ères de séchage des vivres et des aires de repos sont également envisagés.
Selon Reni-Calli Okoro qui est également en charge du dossier à la Bad, "on a remarqué que le plus souvent, le long de ces grands axes de transport, les femmes sèchent les vivres sur le trottoir. Ce qui le dégrade et sont un danger pour leur sécurité quand on sait qu'elles peuvent se faire heurter par les véhicules qui viendraient à passer." Et bien que l'on reconnaisse, à la représentation de la Bad au Nigeria, qu'il a été difficile de préparer le projet qui a finalement été approuvé par les deux parties en novembre 2008 après six années de tractations, on se satisfait déjà des retombées de cette route dans les deux pays et dans la région. C'est ainsi que Hervé Assah, le représentant résident de la Bad à Abuja, pense qu'il est "important que cet axe soit ouvert car il reliera les pays de la Cemac à ceux de la Cedeao. L'aménagement de cette route constituerait une mesure de renforcement de la confiance qui améliorerait les relations bilatérales et les contacts entre le Nigeria et la République du Cameroun, après la résolution du conflit de Bakassi par la Cour Internationale de Justice."
La route Enugu-Abakaliki-Ikom-Mfum était la principale liaison entre la République fédérale du Nigeria et la République du Cameroun, et elle supportait l'essentiel du trafic entre Enugu et le Cameroun dans les années 1960. Les experts de la Bad estiment en effet que les routes dont la construction est envisagée sont jugées nécessaires, car elles permettraient de faire face à la demande de trafic actuelle et à celle qui est prévue, d'améliorer les infrastructures de transport dans la région et de promouvoir le développement économique le long et dans les environs du corridor.
Avant d'en arriver à cela, plusieurs préalables doivent être réglés. Ainsi, plusieurs paramètres restent à harmoniser. Il s'agit notamment du poids à l'essieu qui est différent de part et d'autre de la frontière. Les études sur le pont de la cross-river qui relie les deux pays doivent également être refaites ainsi qu'il reste à déterminer le lieu où sera installé le poste de frontière qui sera géré par la Cedeao. Le dernier décaissement est prévu pour décembre 2013 et marquerait alors la fin desdits travaux.
Dorine Ekwè, à Abuja
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