Le top ten de la longévité au pouvoir en Afrique

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1- Mouammar Kadhafi

Depuis le décès, le 8 juin dernier, du président de la République du Gabon, Omar Bongo Ondimba, après 41 ans à la tête de son pays, le Libyen Mouammar Kadhafi est désormais le chef d’Etat africain à totaliser 40 ans de pouvoir. Il est, sans concurrence, le doyen actuel des chefs d’Etat africains. Un premier sans deuxième, comme on dirait couramment au Cameroun. Ses suivants immédiats, Obiang Nguema de Guinée équatoriale et Eduardo Dos Santos d’Angola totalisent en effet dix ans de mois au pouvoir que le doyen.

 

C’est le 1er septembre 1979, à la suite d’un coup d’Etat qui a renversé le roi Idriss 1er que Kadhafi s’installe au pouvoir. Il va passer du grade de capitaine qu’il avait alors, à celui de colonel qu’il garde jusqu’aujourd’hui. Si la monarchie a été abolie en Libye avec la prise du pouvoir par Kadhafi et d’autres officiers, il n’y aura pas pour autant une véritable ouverture dans la vie politique.
L'Ong Human Rights Watch, dans ses rapports, indique que des personnes ont été jetées en prison pour s’être livrées à des activités politiques. La Loi 71, en Libye, interdit toute activité politique indépendante et les contrevenants sont passibles de la peine de mort, précise l’organisation. Le colonel Kadhafi est aujourd’hui âgé de 67 ans.

2- Teodoro Obiang Nguema Mbasogo



Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, 67 ans, est au pouvoir en Guinée équatoriale depuis août 1979, lorsqu’il a renversé, par un coup d’Etat militaire, son oncle Macias Nguema. L’actuel président était t jusque là vice-ministre des Forces armées populaires (1979), après avoir été dès 1975, à la tête des forces armées.
Après l’arrivée au pouvoir de Macias Nguema en 1969, il a nommé son neveu au poste de commandant de l'armée et des régions militaires de la capitale, puis, l'année suivante, à celui de directeur général de l'approvisionnement et de la planification au ministère de la Défense.
Obiang Nguema sera réélu en 1996 à 99 % des voix.
Le président équato-guinéen s’est souvent montré dur à l’endroit des opposants à son régime. Notamment à la suite des tentatives de coups d’Etat qui ont eu lieu dans ce pays-llà. A la suite de la dernière, les personnes soupçonnées d’y être mêlées ont été traquées, même hors de leur pays. Un ancien officier de l’armée, Cipriano Nguema Mba, a d’ailleurs été enlevé au Cameroun en 2008. La preuve qu’après 30 ans passés à la tête de son pays, Obiang Nguema n’est pas près de se retirer.

3- José Eduardo dos Santos




A 67 ans, José Eduardo dos Santos (né à Luanda, le 28 août 1942), a déjà passé 30 ans au pouvoir, qu’il a pris le 10 septembre 1979. Devenant ainsi le deuxième président de la République d’Angola, Agostinho Neto, mort en 1979. Successeur du «père de l’indépendance» au sein du Mouvement populaire de libération de l’Angola (Mpla), il deviendra de ce fait également son successeur à la tête du pays. Ancien ministre des Relations extérieures (du 11 novembre 1975 au 9 décembre 1978), Premier ministre adjoint et ministre du Plan du 9 décembre 1978 au 10 septembre 1979, est depuis lors président de la République.
Dos Santos ne parviendra pas à s’imposer lors des élections libres et multipartites de 1992, car il n’obtient pas la majorité absolue face à Jonas Savimbi de l’Unita (49.57% des voix pour dos Santos contre 40.6% pour Savimbi). Des troubles suivront, mais Dos Santos restera au pouvoir.
Plus tard, après la mort de son rival Savimbi, il sera réélu à la tête du Mpla et restera de ce fait à la tête de l’Angola.

4- Robert Gabriel Mugabe




La paix est revenue au Zimbabwe après les dernières élections qui avaient conduit, en 2007, à un bain de sang. Au cours de la présidentielle, comme des élections législatives, le pouvoir de Robert Mugabe, en poste depuis 1980, a été mis à mal par l’opposition conduite par Morgan Tsvangiraï.
Premier ministre dès l’accession du Zimbabwe à l’indépendance en 1980, il deviendra président de la République en 1987. A 85 ans, il est né le 21 février 1924, Robert Mugabe aura donc passé 29 ans au pouvoir.
Robert Mugabe sera réélu en 1990 et ensuite en 1996, sans opposition réelle. Au début des années 2000, il décide de mettre en chantier une réforme agraire qui aboutira à l'expropriation des fermiers blancs. Les violences embrasent le pays, alors que dans le même temps, un fort mouvement de mécontentement, dû au ralentissement économique et à la corruption ostentatoire des gouvernants, se propage dans le pays.

5- Hosni Moubarak



Hosni Moubarak est président de la République d’Egypte depuis le 14 octobre 1981. Il a succédé au président Anouar el-Sadate, assassiné. Il sera réélu lors des élections présidentielles de 1987, 1993 et 1999. chaque fois avec des scores supérieurs à 95%. En fait, le président Moubarak, qui est aujourd’hui âgé de 81 ans et en proie à des problèmes de santé, n’a rencontré, au cours de ces consultations électorales, aucune opposition. Et même lorsque, le 9 septembre 2005, la première élection présidentielle multipartite d'Égypte est organisée, Hosni Moubarak triomphera avec 88,5%.
Hosni Moubarak, avant son accession au pouvoir, était vice-président de la République d’Egypte, après avoir occupé plusieurs postes de responsabilité dans l’armée de l’air égyptienne. De 1967 à 1972, lors de la guerre d'usure entre l'Égypte et Israël, Moubarak est nommé Directeur de l'Académie de l'armée de l'air et responsable du personnel de l'armée de l'air. En 1972, il devient Commandant de l'armée de l'air et Ministre des affaires militaires. En octobre 1973, à la suite de la Guerre du Kippour, il est à nouveau promu.

6- Paul Biya



La modification de la constitution du Cameroun, l’année dernière, a permis au président Paul Biya de pouvoir être candidat, en 2011, à sa propre succession. Cette année-là, celle de la fin de son mandat actuel, il aura passé 29 ans au pouvoir. C’est en effet le 6 novembre 1982 que Paul Biya devient président de la République du Cameroun. En tant que Premier ministre depuis 1975, il était successeur constitutionnel du président Ahmadou Ahidjo, qui a démissionné de ses fonctions le 4 novembre 1982.
Paul Biya qui va créer en 1985 le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), dont il prend la tête, remportera l’élection présidentielle de 1988. Il est le seul candidat. Cinq ans plus tard, en 1992, les choses sont plus difficiles. Les résultats officiels donnent Paul Biya vainqueur, avec 39% des suffrages exprimés, contre 36% pour le candidat du Social Democratic Front (Sdf), John Fru Ndi. D’autres élections multipartistes auront lieu en 1997 et en 2004. La prochaine élection présidentielle est attendue en 2011. Avec une question : Paul Biya sera-t-il, à 78 ans, candidat pour un nouveau mandat ?

7- Denis Sassou Nguesso


L’actuel président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, a une relation bien particulière avec le pouvoir. Il l’a en effet exercé à trois reprises, depuis l’année 1977. Cette année-là, après l’assassinat du président Marien Ngouabi, il assure l’intérim, du 18 mars au 2 avril. Il ne restera pas à cette fonction qui sera occupée par Joachim Yhombi-Opango, l'officier le plus gradé à la tête du Comité militaire du Parti congolais du travail (Pct).
Ce n’est que partie remise pour Denis Sassou Nguesso, qui reviendra aux affaires après son élection, le 5 février 1979, comme président du Pct. Il devient donc de ce fait président de la République. Il exercera cette fonction jusqu’au 3 août 1992, date à laquelle il est battu aux élections par Pascal Lissouba.
Il reviendra cinq ans plus tard, le 15 octobre 1997, à la suite d’un coup d’Etat. Après avoir fait approuver une nouvelle constitution par référendum, il est officiellement élu pour un mandat de 7 ans le 10 mars 2002 avec 89,54% des suffrages exprimés. Il est âgé de 66 ans.

8- Yoweri Museveni



Né en 1944, Yoweri Museveni, à 65 ans, a passé 23 ans au pouvoir. C’est en 1986 qu’il accède à la présidence de la République d’Ouganda. Il était revenu d’exil en 1979, à la tête d’une guerilla aidée par l’armée tanzanienne. Toutefois, il est battu lors des élections de 1980. Six ans plus tard, l'Armée de résistance nationale, une force de guérilla qu’il a mise sur pied, chasse le président Obote de la présidence.
Depuis ce moment donc, Yoweri Museveni est resté à la tête de son pays. Ce n’est que dix ans après son accession au pouvoir qu’aura lieu la première élection présidentielle. Celle-ci, qui a eu lieu en mai 1996, est remportée par Museveni, avec 74 % des suffrages. Le pays est encore à l’ère du parti unique.
Cinq ans plus tard, en 2001, il s’impose à nouveau, cette fois face à cinq candidats, avec 69,3% des voix. En juillet 2005, il fait adopter par le Parlement une modification de la Constitution pour lui permettre de se présenter à la prochaine élection présidentielle afin d'y briguer un troisième mandat. À l'issue des élections du 23 janvier 2006, il est réélu président avec 60% des voix.

9- Blaise Compaoré



Depuis le coup d’Etat qui a fait tomber, en 1987, le capitaine Thomas Sankara, Blaise Compaoré préside aux destinées de la République du Burkina Faso. 22 ans déjà ! Il sera par la suite élu en 1991, au cours d’une élection boycottée par l'opposition et avec un taux de participation de 25%. En 1998, il s’imposera à nouveau. Le 13 novembre 2005, Blaise Compaoré, qui réussira finalement à être candidat à sa propre succession, malgré une disposition de la constitution, a été réélu comme président face à 12 autres candidats en totalisant 80,35% des suffrages exprimés. Il a prêté serment le 20 décembre 2005 pour un nouveau mandat de cinq ans.
Blaise Compaoré, âgé de 36 ans au moment de sa prise du pouvoir, compte aujourd’hui 58 ans.

10- Zine el-Abidine Ben Ali


Zine el-Abidine Ben Ali est arrivé au pouvoir en novembre 1987 à la suite de ce qu’on a appelé un coup d’Etat médical. Il avait jugé Habib Bourguiba, malade, inapte à poursuivre l’exercice de la fonction de président de la République. Le dauphin constitutionnel du premier président de la République de Tunisie est resté au pouvoir depuis cette date-là.
Lors de la présidentielle de 1989, étant le seul candidat, Ben Ali est élu avec 99,27 % des voix. Cinq ans plus tard, le 20 mars 1994, Ben Ali, candidat unique à sa propre succession, est réélu avec 99,91 % des voix. Le 24 octobre 1999, la première élection présidentielle pluraliste est organisée. Le président sortant s’impose à nouveau, face aux deux candidats de l’opposition, avec 99,45 % des voix contre 0,31 % pour Belhaj Amor et 0,23 % pour Tlili.
Aux élections du 24 octobre 2004, le nombre de candidats de l’opposition passe à trois. Toutefois, à l'issue de ce scrutin, Ben Ali est à nouveau réélu avec 94,49 % des suffrages.
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