France-Cameroun

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Relations politiques

La mise en œuvre d’un Contrat de Désendettement Développement (C2D de 537 M€ sur la période 2006-2010) au Cameroun - le plus important que nous ayons en Afrique - a été l’occasion d’un approfondissement notable de notre relation bilatérale. Un second C2D d’un montant de 326 M€ pour la période 2011-2016 est en cours de finalisation et pourrait être signé avant la fin du premier semestre 2011. Il sera concentré sur 2 secteurs : l’agriculture et le développement rural (60%) et les infrastructures et le développement urbain (34%).

De nombreux déplacements ministériels dans les deux sens ont eu lieu au cours de ces dernières années. La dernière visite officielle en France du Président Biya remonte à juillet 2009. Deux mois plus tôt, le déplacement du Premier Ministre à Yaoundé avait permis d’insuffler une nouvelle dynamique à notre relation bilatérale avec la signature d’un accord de partenariat de défense et d’un accord sur la gestion concertée des flux migratoires (le Cameroun génère le 1er flux annuel vers la France de personnes issues d’Afrique sub-saharienne).

En décembre 2009, Paul Biya a assisté à la réunion de Paris des chefs d’Etats de la COMIFAC en amont du sommet de Copenhague sur le changement climatique. Dans le cadre des cérémonies autour du 50ème anniversaire de l’Indépendance du Cameroun, célébré le 20 mai 2010 et à laquelle la France était représentée par le Ministre de l’Ecologie, de l’Energie et du Développement durable, M. Jean-Louis Borloo, le Cameroun a organisé une conférence internationale sur le thème « L’Afrique, une chance pour le monde : réalités et défis ». Michel Rocard, Alain Joyandet, Michel Charasse et Alain Juppé ont notamment participé à cet événement.

Relations économiques

La présence française au Cameroun est ancienne et diversifiée. Le stock des investissements français est estimé à 650 M€, soit 20% d’un montant total d’investissement direct étranger évalué à 3,3 Mds €, par la CNUCED en 2009, dernier chiffre connu. La France est ainsi le premier investisseur étranger devant les Etats-Unis.

On dénombre environ 105 filiales françaises implantées dans ce pays. Les domaines concernés couvrent tous les secteurs clé de l’économie camerounaise (pétrole, cultures de rente et agroalimentaire, bois, ciment, BTP, téléphonie mobile, distribution, transport, logistique, banque, assurance,..). Le nombre important de PME-PMI fondées par des Franco-camerounais témoigne de la vitalité des liens économiques tissés entre nos deux pays.

En 2006, pour la première fois, les échanges commerciaux entre la France et le Cameroun ont dépassé le milliard d’euros. La part de marché française reste stable après quelques années de recul, dans la première moitié des années 2000. La France absorbe 11,9% des exportations de biens camerounaises, notamment du pétrole brut, de l’aluminium, du bois, des bananes et du caoutchouc.

Les échanges commerciaux France-Cameroun ont totalisé 860 M€ dont 597 M€ pour les exportations françaises à destination du Cameroun (+11% en un an) (médicaments, blé, véhicules et pièces détachées, matériels informatiques...) et 263 M€ pour nos importations en provenance de ce pays (+30,4%) (fruits, cacao, bois, aluminium...) laissant apparaître un solde commercial en notre faveur de 333 M€.

En 2008, notre balance commerciale était devenue excédentaire en raison des livraisons de pétrole divisées par deux, la balance commerciale pour l’année 2009 accusait un déficit de 336 M€ pour la France. Le brut représente 30% de nos importations du Cameroun.

Ces dernières années, le Cameroun se caractérise toutefois par l’absence de nouveaux investisseurs étrangers.

Pour les français, Orange est la dernière société d’importance à s’être installée ici en 2000 ; GDF-SUEZ a cependant créé en 2010 une filiale chargée de conduire les études de faisabilité d’un projet gazier à Kribi. La tendance est ainsi plutôt au maintien des implantations, même si récemment deux départs emblématiques sont intervenus, celui du Crédit Agricole, qui a cédé ses filiales africaines au groupe marocain « Attijariwafa » et celui, en cours, de Total Exploration et Exploitation qui cède son activité au français Perenco, déjà présent ici, en raison de la forte décroissance des champs pétroliers camerounais. On note parallèlement un timide mouvement de grosses PME françaises -SNEF (installation et maintenance électrique), Fouré Lagadec (construction métallique et maintenance industrielle) qui ont récemment racheté des entreprises locales.

Coopération

La France est le troisième bailleur du Cameroun avec une aide bilatérale s’élevant à 65M€, soit 14% de l’APD nette totale reçue par le pays.

Le Document Cadre de Partenariat France-Cameroun (DCP 2006-2010) concentre les efforts français autour de quatre pôles, au titre des objectifs du Millénaire pour le développement : santé et lutte contre le SIDA, infrastructures, éducation de base, agriculture et sécurité alimentaire, ainsi que sur trois priorités transversales : l’enseignement et la recherche, la promotion de la diversité culturelle, la veille et la prospective. D’un montant de 713 M€, le DCP s’appuie très largement sur les financements du Contrat de désendettement développement (C2D).

Le Cameroun a atteint le Point d’achèvement de l’initiative PPTE le 28 avril 2006. À compter du point d’achèvement, les échéances dues par le Cameroun à la France sont refinancées par des dons. Ces échéances constituent les ressources du C2D le plus important jamais signé (537M € sur 5 ans, de 2006 à 2010). Les cinq points d’affectation principaux de notre C2D sont en phase avec les objectifs du millénaire susmentionnés. La bonne gestion des fonds est contrôlée par des organes paritaires. Un nouveau C2D d’un montant de 326 M€ couvrira la période 2011-2016. La signature de ce deuxième C2D devrait avoir lieu avant la fin du premier semestre 2011.

En 2010, 52 % des camerounais vivaient dans les villes. Or 70% des citadins vivent dans des zones où se conjuguent précarité, insalubrité, insécurité et chômage. Il est donc primordial que la coopération française apporte son soutien, notamment par le biais du volet urbain du C2D. Ce volet permettra d’accorder 111 M€ au développement urbain, soit 34 % du total.

Après un premier C2D axé sur les métropoles de Douala et Yaoundé, et en relation avec la priorité donnée au secteur rural, le deuxième C2D s’attachera au développement urbain des villes secondaires (Bafoussam et Garoua essentiellement) en vue de faciliter l’écoulement de la production agricole et fixer la population dans ces villes (marchés notamment) pour un montant de 60 M€.

Pour assurer la pérennité des réalisations menées dans le cadre du premier C2D et permettre le financement partiel d’un programme qui n’avait pu se réaliser dans le cadre du premier C2D mais dont les études de faisabilité sont disponibles, une contribution aux grands travaux d’assainissement de la ville de Douala serait par ailleurs envisagée, à hauteur de 18 M€. Elle contribuerait à l’atteinte de l’OMD n°7 « Assurer un environnement durable », et pourrait être accompagné par un prêt souverain de l’AFD afin de financer la totalité du programme des Autorités.

Ce volet sera dédié au financement partiel du second pont sur le Wouri, à Douala, qui fait l’objet d’un prêt souverain de l’AFD de 100 M € (mixage prêt/subvention permettant d’atteindre le seuil exigé par le FMI de 35 % d’élément don). Le montant imputé sur le deuxième C2D est de 33 M.



Coopération européenne

a) Accord UE-ACP
Les relations entre le Cameroun et l’Union européenne se fondent sur l’accord UE-ACP de Cotonou qui lui permet de bénéficier du Fonds européen de développement (FED) et de préférences commerciales, appelées à évoluer avec l’entrée en vigueur de l’accord intérimaire en vue d’un accord de partenariat économique (APE) entre la CEMAC et la CE.

Pour le 10ème FED (2008-2013), le Cameroun bénéficie d’une enveloppe de 246M€ (contre 234 M€ dans le 9ème FED).

La programmationprévoitdeux secteurs de concentration :

- le commerce et l’intégration régionale(158 à 168 M €, soit66 à 70% de l’enveloppe A), notamment les infrastructures routières (110 à 120 M €) ;

- la gouvernance (35 à 45 M €, soit 15 à 19 % de l’enveloppe A) : justice, réforme des finances publiques, appui au processus électoral,gouvernance forestière et gestion durable des ressources naturelles.

Hors concentration, 24 à 27 M € sont consacrés au développement rural et au renforcement des capacités des acteurs non étatiques.

b) Mesures pour la filière bananière

Pour compenser les effets (érosion des préférences) du compromis trouvé à l’OMC sur la libéralisation des droits sur la banane, la Commission a prévu une aide structurelle de 190 M € sur 4 ans (2010-2013), pour les 10 pays ACP, principaux exportateurs de bananes sur le marché européen. Le Cameroun devrait en bénéficier. Or la mobilisation de ces fonds de l’Instrument de coopération pour le développement (ICD) est actuellement bloquée en raison de la négociation institutionnelle interne.

c) Accord de partenariat volontaire (APV) dans le cadre de l’initiative FLEGT,

Un accord de partenariat volontaire (APV) dans le cadre de l’initiative FLEGT (application de la loi forestière, gouvernance et commerce), permettant d’améliorer la traçabilité de la filière bois a été signé en octobre 2010 : à compter de juillet 2012, le bois et ses produits en provenance du Cameroun devront faire l’objet d’un certificat garantissant leur exploitation légale. L’UE absorbe 80 % des exportations de bois du Cameroun, le plus gros exportateur de bois africain vers l’UE.

Autres types de coopération : la Coopération militaire

Le Cameroun est notre premier partenaire dans le monde en matière de coopération militaire.
Notre coopération vise principalement la formation, avec la présence de trois écoles nationales à vocation régionale (ENVR).


http://www.diplomatie.gouv.fr
Mise à jour : 22.06.11

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