Aï-Jo Mamadou : La consécration du Lion blanc

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Certains médias l’ont déjà désigné en décembre meilleur artiste et meilleur album 2007.
Justin Blaise Akono



La station Crtv- Centre (Cameroon radio and television) a élu le 30 décembre dernier meilleur artiste de la province. Certaines radios émettant en bande Fm (modulation de fréquence) l’ont désigné meilleur chanteur camerounais de l’année. Même si le concerné dit ne pas savoir comment cela se passe et fait remarquer que "c’est en principe la Cameroon music corporation (Cmc) qui détient toutes les données qui devrait désigner les meilleurs", il ne souffrait plus d’aucun doute que ce fût lui. Aï-Jo Mamadou était déjà pressenti pour être le meilleur artiste de l’année 2007. Numéro 1 dans les Hits parades des différentes radios. D’ailleurs, pour Aï-Jo, cela ne semble pas être une surprise.
D’abord, "j’étais le numéro 1 dans les principales radios et premier au classement des ventes", rappelle-t-il. Certaines sources parlent de plus de cinq mille disques compacts vendus. Ensuite, le natif de Nanga-Eboko qui a fait "Levez les doigts" à tous les Camerounais ou presque, attendait ce couronnement en 2006 avec le "Code pin" où il constate qu’il "n’y a pas de mouillé sec". Il est néanmoins désigné meilleur Bikutsi de l’année. Ou un an plus tôt lorsqu’il met sur le marché "Souvenir".

Le plus important pour lui est de vendre et d’égayer ses mélomanes. Parallèlement responsable des cabarets la Fiesta et Carosel, à Yaoundé, Aï-Jo n’a pas été très vu dans d’autres lieux de spectacles comme ses confrères, habitués à faire le tour en une nuit. "Je ne joue la star. Je consacre mon temps au travail pour produire d’autres albums", indique celui qui écoutait encore hier, en fond sonore de l’échange, la maque de son nouvel album, "Cour suprême", dont la sortie est prévue en mars 2009. Quatorze ans après son arrivé dans le marché du disque.
Mais, c’est d’une manière anecdotique que Martin Magloire Meva’a embrasse la musique. Peintre en journée et boxeur en soirée, "du fait de la crise économique, mon entreprise est en difficulté et je me consacre entièrement à la musique que j’avais déjà commencer à aimer", confie l’enfant de Mvog-Aga, montée Caveau, où il est très populaire. C’est d’ailleurs dans un cabaret de ce quartier, fermé aujourd’hui, qu’il est baptisé Aï-Jo. "J’avais une chanson patriotique qui s’achevait par Ahidjo.

Le public qui ne connaissait pas mon nom d’artiste, Mevio, le diminutif de mon nom, a commencé à m’appeler Ahidjo. Comme les gens croyaient qu’il y avait une relation entre l’ancien président et moi, j’ai donc ajouté Mamadou. Par ce nom, j’ai alors été connu en bien ou en mal", explique Aï-Jo, qui met sur le marché du disque son premier album, "Amour à 100%" en 1995 après avoir flirté Ntoumba Minka, puis les Zombis de la capitale où la voix n’est pas très appréciée. Messi Martin, dont le timbre vocal est presque similaire, l’accueille. Aï-Jo travaille cette voix et hérite surtout de cet aîné la composition des chansons à texte. "Ce n’est pas tout le monde qui chante le bas de ceinture. Nous sommes des griots (dans le sens propre). Nous pourront évoquer les problèmes sociaux, donner de l’espoir, raconter de belles histoires", estime celui qui définit sa musique comme une trilogie : faire écouter, danser et rire les mélomanes. Dans la plupart de ses chansons, "Le Lion Blanc", son autre nom de baptême cultive l’humilité et la relativité : "Si t’a trompé quelqu’un, quelqu’un d’autre va te tromper", conseille Aï-Jo.
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